Petits et papys au pays des semis

Expérience réalisée par
Ecole des sept Bonniers (Etabl. scolaire).
Cadre
scolaire et parascolaire, collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
enfants (maternelle/primaire), adultes.
Thème(s)
alimentation, jardin.
Mots clés
jardin, alimentation, intergénérationnel, santé, nature, primaire, fondamental, potager.
Date & durée de réalisation
2010.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1190).

Description de l'expérience

A Bruxelles, des « Jardins des couleurs » poussent çà et là. Par la création et l'entretien d’un potager biologique, ils font mûrir, chez les plus jeunes, un autre regard sur l’alimentation. Parfois avec l’aide des plus vieux, comme dans la classe de madame Kumps.

Le carré Tillens, un clos, une bulle de vert en pleine ville. De la rue qui le borde, on n’aperçoit pas grand-chose, si ce n’est une imposante maison de repos jouxtant ce que l’on pense être un terrain vague aux herbes folles. Un sentier sinueux y pénètre. Rapidement, il nous balade le long de parcelles potagères. Les couleurs sautent aux yeux et les odeurs aux narines. On entend même monter des voix d’enfants. C’est la classe de 3e éveil de madame Kumps, de l’Ecole primaire des Sept Bonniers toute proche. Ils cultivent leur potager bio avec une poignée de pensionnaires du home. Sarcler, biner, ratisser, semer : François l’animateur, Nancy l’enseignante et Léon le pensionnaire répartissent les tâches et accompagnent les gestes. « Ici, on essaie de montrer une façon de cultiver plus sauvage, nous explique François, de l’association Le Début des Haricots, qui accompagne ce projet appelé « Jardin des couleurs ». Certaines plantes, on les cultive non pour les manger, mais parce qu’elles sont mellifères, ou pour faire de l’engrais. Le trèfle, là, sert de chemin vert et nourrit la terre en azote. On fait aussi des associations de cultures bénéfiques l’une pour l’autre : l’ail et la pomme de terre, le maïs qui servira de tuteur aux haricots, etc. Il lance aux enfants : « Vous allez maintenant cueillir de quoi faire en classe une bonne salade : laitue, feuille d’épinards, petits pois, arroche, fleurs de ciboulette... »

  • Un projet global

A l’antipode du projet one-shot, le Jardin des couleurs, ce sont 9 animations réparties sur toute une année. « Au fil des saisons, nous semons des petites graines pour faire comprendre les concepts liés à l'alimentation durable, dans sa globalité et sa complexité », précise l’animateur. Chaque animation se divise en deux parties : une période sur le jardin potager et une autre en intérieur. Les thèmes abordés ? Ceux touchant à la botanique et au jardinage bio, évidemment. Mais aussi les thèmes liés à l'environnement ou à la santé : la biodiversité, l'évolution et la diversité des façons de se nourrir, les pyramides alimentaires, l'origine des fruits et légumes, leur saison, le mode cultural, le conditionnement, les intermédiaires commerciaux, le degré de transformation, le gaspillage alimentaire. Surtout, le potager se veut un terreau efficace pour se connecter à la nature, pour acquérir des savoirs, savoir-faire et savoir-être.

  • Le point de vue de l'enseignante

« Je conçois tout mon cours autour de ce projet, souligne Nancy Kumps. Le jardin des couleurs est le point de départ de toutes mes matières, même la géo. Par exemple en repérant le carré sur le plan de la commune, en dessinant le chemin allant du potager à l’école. » C’est la seconde année que l’enseignante bénéficie de l’accompagnement du Début des Haricots. « Avec la prochaine classe, je me débrouillerai davantage toute seule. Je compte alors solliciter l’aide des parents, ou de Léon, un pensionnaire expérimenté. » Voilà une autre ambition du Jardin des couleurs : que le projet perdure, en toute autonomie, et qu’il fasse émerger un changement global en matière d’alimentation dans l’école ou l’institution partenaire. Par exemple, aux Sept Bonniers, des pommes sont dorénavant proposées lors des collations. Mais ce pourrait être aussi la création et l'accueil d'un groupement d'achat solidaire par des parents, ou toute autre bonne idée.

  • Cultiver m'intergénérationnel

Le partenariat avec le home représente également un plus important pour l’enseignante : « Cela crée des liens affectifs, importants tant pour les enfants que pour les personnes âgées. C’est aussi un bon moyen d’aborder l’histoire ». Irène ne la contredira pas. Papillonnant dans le potager, au milieu des enfants, cette ancienne directrice de maison de jeunes sème ses souvenirs à tout vent : « Tu sais, quand j’étais petite, on ramassait les crottins de chevaux pour faire de l’engrais. Et les limaces pour faire du sirop pour la toux ! ». Pourquoi participe-t-elle au projet ? « Les enfants, ça me motive. A notre âge, c’est quand même plus intéressant que le thé dansant... ». Pour son compère Léon, ancien guide-nature qui participe à l'entretien de la parcelle entre les animations, « c’est la joie de pouvoir passer ses connaissances aux jeunes ». A l’heure de se dire au revoir et de se donner rendez-vous à la rentrée prochaine, la petite Inaraï vient chuchoter fièrement à l’oreille de François que ses parents ont décidé de faire un compost. Les graines germent déjà.

Christophe Dubois

Sources

Magazine Symboses n°87: "Alimentation" tome 1

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Petits et papys au pays des semis (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos

Contats;

Le Début des Haricots
02/644 07 77
www.haricots.org


Partenaire(s)
Le Début des Haricots.

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