Des Eco-team dans les communes

Expérience réalisée par
Espace Environnement (A.S.B.L.).
Cadre
professionnel (entreprises, organisations, commerces, syndicats,...), autre
Public(s)
autres professionnels.
Thème(s)
éco-consommation, environnement - généralités.
Mots clés
commune, ecoteam, gestion environnementale, gestion des déchets, mobilité, tri des déchets, administration.
Date & durée de réalisation
2011.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Comment travailler l'exemplarité environnementale dans la commune? En mettant en place une éco team au sein de son administration. Retour d'expériences de 8 communes pilotes en Wallonie, accompagnée par l'asbl Espace Environnement. Recommandations et outils pour une gestion interne durable et participative.

Comment faire passer le développement durable auprès de la population si on ne le fait pas nous-mêmes, au sein de l’administration ? » demande Thierry Wimmer, Bourgmestre de Plombières, à ne centaine d’agents administratifs et élus communaux en charge des matières environnementales. Ils sont venus assister à une matinée de présentation des acquis du projet pilote « EcoTeam », en mai dernier. L’échevin des travaux publics d’Enghien, renchérit : « Nous donnons beaucoup de responsabilités aux citoyens - avec par exemple 35 comités de quartier, un plan communal de développement de la nature où ils ont vraiment une place - mais au sein même de l’administration, il n’y avait pas ce partage des responsabilités et cette logique participative. Le projet fut donc une belle opportunité".

Ces deux témoins font partie des 8 communes wallonnes qui, durant plus de 6 mois en 2011-2012, ont mis en place une EcoTeam au sein de leur administration, grâce à l’accompagnement d’Espace Environnement, une association spécialisée dans la participation citoyenne et l’accompagnement de groupes en matière d’environnement. Leur défi : mobiliser en interne une équipe transversale de volontaires, qui tentera d’implanter progressivement des changements structurels et de comportements auprès des collègues, permettant, à la fois, de réduire l’empreinte écologique et d’améliorer le rôle d’exemple de l’administration, mais aussi de générer des économies de dépenses publiques.

  • Une méthode structurée par étape

La méthode EcoTeam est un processus évolutif. Dans chacune des communes pilotes, dès que le Conseil communal a donné son feu vert, l’une des premières étapes a consisté en un «scan comportemental » anonyme à l’attention de l’ensemble du personnel (administratif, technique, ouvrier). Mobilité professionnelle, gestion du papier, de l’eau et de l’énergie dans les locaux, tri des déchets... le questionnaire passait en revue les comportements des fonctionnaires et leur disposition à en changer. « Il avait également pour objectif de faire savoir qu’un projet est en train de se mettre en place et d’inviter ceux qui le souhaitent à s’y impliquer », explique Mathieu Baudelet, d’Espace Environnement. S’ensuit la constitution d’une équipe composée d’une dizaine de volontaires issus des différents services, validée par le Collège communal.

Reste à se mettre au travail ! Pour élaborer le plan d’action et de communication, la méthode repose sur des techniques d’ « empowerment ». Jean-François Bayot, coach EcoTeam pour Espace Environnement : « Je ne me présente pas comme un consultant qui va amener toutes les informations, mais je les autonomise dès le départ, en leur demandant d’aller eux-mêmes chercher l’info, les données, contacter les collègues, travailler à des supports pour être visibles. » Ainsi, chaque réunion aborde une thématique, et pour chaque thématique un ou deux « préparateurs » au sein du groupe récoltent les données spécifiques à la commune. Ensuite, les membres de l’EcoTeam fixent des objectifs et proposent des actions concrètes destinées à favoriser des comportements plus respectueux de l’environnement, actions qu’ils porteront et mettront en œuvre eux-mêmes.

  • Actions mises en place

La liste des actions mises ainsi en place après quelques mois de fonctionnement est foisonnante. Sur les 8 communes pilotes, ce ne sont pas moins de 191 propositions validées par les Collèges respectifs: un « Greenman » pour communiquer jovialement quelques conseils anti-gaspillage à Estaimpuis, un déjeuner de la mobilité à Plombières, des bonbons pour ceux qui éteignent leur ordinateur à Wanze, des affiches de sensibilisation à l’énergie à La Louvière, le remplacement des tasses jetables par d’autres réutilisables à Rebecq, le passage à des produits d’entretien écologiques à Ohey, l’installation de matériel de tri à Amay, des opérations de sensibilisation à la problématique de la surconsommation de papier dans chacune des communes...

  • Quels bilans ?

« Au départ, on se disait qu’il y avait un problème de soutien politique, raconte Thierry Duboisdenghien, référent interne de l’EcoTeam d’Estaimpuis. Grâce au projet, on s’est rendu compte que le politique ne sait pas tout faire. Il y a aussi le secrétaire communal, les chefs de service... Tout le personnel communal a une responsabilité. Cette dynamique transversale est une bonne base. C’est aussi une autre façon d’apprendre la rigueur, notamment budgétaire, grâce à une approche par les coûts. Martine Cusset, échevine à Wanze et membre de l’EcoTeam, va dans le même sens : « L’EcoTeam est intéressante pour une commune car cela permet de faire des économies, et parce que nous avons des services vraiment partants pour ce type de projet. C’est une opportunité, pour une commune, que tous les différents services se rencontrent - travaux, enseignement, environnement...- pour travailler ensemble, dans le même sens. Cela dit, le coach externe nous a permis de structurer le démarrage de l’opération. Nous aurions lancé notre projet en nous dispersant peut-être sur trop de choses. Là, on a commencé par le plus facile, pour engranger des réussites. » Sa collègue, Dominique Lovens, complète : « Les freins, évidemment, ce sont les mauvaises habitudes pas toujours faciles à changer. Nous avons fait beaucoup de communication, par mails, affiches, pour être visibles et que les gens perçoivent des changements partout. Il y a le savoir-faire, mais aussi le faire savoir. Le personnel se sent valorisé lorsque l’on fait appel à ses compétences, pour en tirer le meilleur. Pour certains ouvriers, c’est la première fois qu’on travaillait ensemble, qu’on échangeait. »
Cette dynamique participative n’est pas possible dans toutes les communes. Question de temps le plus souvent, et parfois aussi de culture. Il faut dire que les profils des administrations sont très hétérogènes : 1000 employés à La Louvière contre 25 à Ohey. « Chez nous, mobiliser 10 personnes ce n’est pas possible», explique M. Crucifix, de Ohey. Le conseiller environnement devra donc faire preuve de patience et adapter la méthode à sa propre réalité.
Etendre la méthode à toutes les communes
« Cette méthode, on l’a testée avec des bonheurs divers, résume Nathalie Ricaille, d’Espace Environnement. Les différentes étapes, les enseignements et les conseils font l’objet d’un guide méthodologique (lire encadré ci-contre). Le modèle d’accompagnement n’étant pas duplicable à l’infini, il fallait un outil pour que les communes avancent de manière autonome, en interne. » Ceci dit, les enseignements sont suffisamment significatifs pour que les Ministres régionaux de l’Environnement et des Pouvoirs locaux - qui avaient financé ce projet pilote - décident d’y donner suite l’année prochaine. Et d’annoncer des modules de formations, outils d’audits et fiches actions. Le rêve : créer un réseau wallon de communes éco-exemplaires, qui puissent échanger leurs bonnes pratiques. Et généraliser cette démarche à l’ensemble des 262 communes wallonnes..

Christophe DUBOIS

Avis & Conseils pédagogiques

A l’école ?
La Louvière a reproduit le modèle EcoTeam dans quatre écoles communales, avec une thématique par année, une action « classe du mois » et des techniques de communication engageantes. Pour Espace Environnement, le secteur scolaire nécessite une approche dédiée : « Etant donné que le principe de l’EcoTeam est basé sur des actions portées et mises en place par les occupants des bâtiments eux-mêmes, une EcoTeam traitant des bâtiments scolaires devrait idéalement inclure le personnel administratif, enseignant et technique mais aussi et principalement les élèves, voire les parents. »

À noter : il existe des structures qui accompagnent les écoles (l’appel à projets « Ecoles pour demain » de Coren ).

Freins et leviers
Mathieu Baudelet, responsable du projet chez Espace Environnement, liste les freins et leviers à la mise en œuvre de l’EcoTeam dans la commune :

FREINS

  • Absence de communication interne sur le processus, entraînant jalousies et rumeurs
  • Temps à consacrer à la démarche
  • Changement de référent interne en cours d’accompagnement
  • Présence d’élus trop « dirigistes » lors des réunions
  • Taille de la structure, pour la mobilisation de l’ensemble du personnel

LEVIERS

  • Intérêt pour le projet de la part du référent interne, désigné par le Collège
  • Soutien - voire exemplarité - des élus (« prendre l’EcoTeam au sérieux »)
  • Constitution de l’EcoTeam sur base volontaire
  • Choix cohérent et limité du champ d’action de l’EcoTeam
  • Représentation équilibrée des services au sein de l’EcoTeam
  • Communication dès le début du projet
  • Mise en place d’actions concrètes le plus rapidement possible
  • Faire vivre l’EcoTeam au sein de la structure

 

Sources

Magazine Symbioses n°95: Education à l'environnement dans les communes

pdf

Des Ecoteam dans les communes (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos


Contact :

Espace Environnement
071 300 300
www.espace-environnement.be


Outil(s) pédagogique(s)
Mettre en place une EcoTeam au sein de l’administration communale: les clés du succès.

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