Un potager et un compost dans la cour

Expérience réalisée par
Institut De Mot-Couvreur / Ecole.
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
jeunes.
Thème(s)
alimentation, jardin.
Mots clés
secondaire, potager, compost, cantine, tri des déchets, enseignement technique et professionnel, enseignement technique, enseignement professionnel.
Date & durée de réalisation
2013.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1000).

Description de l'expérience

Cultiver des légumes dans une cour de récréation, les regarder patiemment pousser et le jour venu, savourer ce qu’on a récolté…  C’est le projet des 5e et 6e secondaires de l’Institut De Mot-Couvreur qui ont également réalisé un bac à compost « tout en récup’ » !

« Le terreau est très humide, il n’y a pas besoin d’arroser », indique Youssef, élève de 5e secondaire, debout dans la cour de récréation, une main plongée dans la jardinière servant de potager. « L’année prochaine, il faudrait penser à forer des trous dans le bac ou à mettre une bâche au-dessus du potager pour éviter un excès d’eau », propose un autre élève.

Entre avril et mai, le cours d’écologie humaine et de sciences de l’Institut De Mot-Couvreur a été l’occasion de construire collectivement un potager et un compost, avec les élèves de 5e et 6e secondaire. Les objectifs ? Disposer d’un choix de plantes aromatiques pour concevoir une offre de tisanes ; susciter l’attention de l’option cuisine en mettant à sa disposition un compost et en lui garantissant un approvisionnement en légumes frais et de saison, cultivés sans pesticides ni engrais !

  • Trouver une valeur ajoutée

« L’avantage, c’est que ce type de projet peut rapidement être mis en place et déboucher sur des résultats concrets », explique Laurence Auchet, responsable du cours d’écologie humaine. Quelques années plus tôt, le même type de projet avait déjà été mené avec une autre classe. « Pour qu’il fonctionne, il ne s’agit pas de forcer ses élèves à faire quelque chose, mais de leur demander leur avis et de prendre en compte la valeur ajoutée que ce projet peut leur apporter », explique l’enseignante. 

Les trois-quarts des élèves de la classe n’ayant pas de jardin, l’enseignante a parié sur leur envie d’expérimenter un projet de plantations à l’école. En outre, l’existence d’un « chalet bio » géré par les 6e était aussi un gage de valeur-ajoutée au projet, de motivation des élèves. L’idée ? Les élèves de 6e y vendent une série de produits bio (jus de fruits, pommes, poires, etc.) afin de financer une partie de leur voyage de fin d’études.

  • L’occasion de collaborer…

Au départ de ce projet, deux enseignantes qui ont été séduites par le dynamisme de l’une de leur collègue, ont décidé de reprendre le flambeau. Pour ce faire, elles ont eu recourt à l’expertise de l’asbl Le début des haricots. « J’ai rencontré l’une des animatrices de l’asbl qui m’a mise sur la piste du compostage car je souhaitais montrer à mes élèves la nécessité d’améliorer le tri des déchets dans l’école », explique Julie Decastiau, professeur de sciences.

En effet, la présence de poubelles de tri dans l’école ne suffisant pas à faire changer les mauvaises habitudes, cette enseignante a souhaité agir à la source, en proposant de réduire la quantité de déchets jetés. « Les élèves inscrits dans l’option cuisine jettent leurs déchets dans les sacs blancs, alors qu’ils pourraient les composter », explique Julie Decastiau qui a proposé à sa classe de construire un bac à compost pour répondre à ce problème. En effet, en plus de réduire la quantité de déchets acheminés, le compostage permet de retourner des éléments nutritifs au sol, constitue une ressource précieuse pour le potager et permet de boucler le cycle du carbone (un chapitre approfondi en classe par Julie Decastiau). 

Côté potager, Laurence Auchet a encadré les différentes équipes en proposant à chacune d’elles de se choisir un architecte en chef, chargé de la supervision des travaux. Pendant qu’une classe s’est chargée de mesurer la jardinière, de dessiner les plans et de choisir  l’emplacement du potager en fonction de la luminosité, l’autre s’est renseignée sur la cohabitation des plantes, a établi un calendrier des semis, des entretiens et des observations. « Au final, tout le monde a mis la main à la pâte, mais à des niveaux différents. »

  • … Et de mettre en œuvre son savoir-faire 

Quant au projet compost, il n’était pas question d’acheter un bac « tout fait », mais bien de le construire. « J’ai mis à disposition des élèves de la documentation, en leur disant que l’objectif était de récupérer du matériel pour construire un bac à compost. La semaine d’après, ils sont arrivés avec des poignées de porte et des charnières car ils se sont rendus compte qu’un bac à compost doit pouvoir se fermer », explique Julie Decastiau. Les élèves ont ensuite récupéré des planches et du matériel auprès du personnel de l’école. « Les élèves étaient demandeurs pour poursuivre ce projet », souligne Julie Decastiau. D’où le succès de cette activité !

  • C’est le chemin qui compte !

Thym, persil, menthe, basilic, carottes, pourpiers d’hiver, radis…  Fin mai, peu de légumes et de plantes aromatiques avaient pointé leurs nez dans le potager des 5 et 6e. En outre, les élèves ne se sont pas encore appropriés le bac à compost. « Au vu des détritus que nous trouvons aux alentours, je crois qu’ils ne savent pas à quoi sert un compost », remarque Noami en lançant l’idée de créer des panneaux sur l’existence d’un compost à l’école.

Prendre la parole pour analyser, lancer des pistes et améliorer le projet : voilà comment Madame Auchet a clôturé son cours d’écologie d’humaine. « Qu’est-ce qui a bien et moins bien fonctionné ? » « Qu’aurait-on pu mettre en place pour favoriser la pousse des légumes ? »... « Lorsque les résultats d’un projet ne sont pas ceux escomptés, il faut pouvoir tirer des apprentissages liés à sa mise en place car c’est aussi ce qui fait la richesse ! », termine Laurence Auchet. 

"Inciter sa classe à relancer l’expérience en (r)ouvrant les portes et les possibles… Une clé du succès, quelle que soit la nature d’un projet !"

Avis & Conseils pédagogiques

Ne pas imposer
« Partir de l’envie des élèves, leur demander leur avis sur un projet, sans imposer celui-ci, afin que les élèves eux-mêmes soient demandeurs. »

Les bonnes idées
- Installer un compost pour faire maigrir les poubelles de l’école et concevoir le bac à partir  de matériel de récup’
- Installer un potager dans une jardinière pour redécouvrir le goût des légumes de saison ; confectionner des tisanes à partir de plantes aromatiques (ex : menthe, thym, verveine, etc.) et les vendre pour financer un projet de classe ou un voyage de fin d’études ;
- Proposer aux élèves de l’option cuisine d’utiliser les légumes du jardin et les plantes aromatiques pour parfumer les plats.
- Valoriser le projet via des panneaux explicatifs exposés lors de la journée portes-ouvertes de l’école

Sources

Fiche "expérience des écoles " sur le site Internet de l'IBGE

pdf

Un potager et un compost dans la cour (PDF)


Subsidié par

Région de Bruxelles-Capitale, Communauté française

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Pistes et ressources pédagogiques

Partenaire(s)
Le Début des Haricots.

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