Potagers urbains insolites

Expérience réalisée par
Le Début des Haricots (A.S.B.L.), Groupe One (A.S.B.L.).
Cadre
socio-culturel (associations: sport., cult., environ.,...), professionnel (entreprises, organisations, commerces, syndicats,...)
Public(s)
tous publics - famille.
Thème(s)
agriculture, milieu urbain.
Mots clés
maraîchage, potager, milieu urbain, culture.
Date & durée de réalisation
2014.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1000).

Description de l'expérience

Présentation de quatres initiatives de potagers urbains insolites

  • Des légumes sur le toit

Produire intensivement des légumes sur la terrasse de la Bibliothèque Royale de Belgique, avec vue sur la Grand Place et le Mont des Arts. Le mariage de la culture et de la nature, sur le toit de Bruxelles. C’est le pari un peu fou lancé par l’asbl Le Début des Haricots, en 2012, alors soutenu par la Région et Bruxelles Environnement. Quelques chiffres : 500 sacs en géotextile fabriqués avec des bénévoles lors d’ateliers couture, 20 tonnes de terre, une serre en géodôme, 3 citernes de 1000 litres d’eau de pluie, une pompe alimentée par un panneau solaire, des milliers de graines belges 100% biologiques et plusieurs kilos de légumes vendus trois fois par semaine aux particuliers ou à quelques restaurants slowfood. Julien, Aude, Noémie et Antoine, tous bénévoles, sont les principaux jardiniers et guides du lieu : « On voulait apprendre à cultiver ce que nous mangions, pour partie en tout cas.Travailler la terre près de chez nous ». Le projet ne vise pas seulement la production de légumes mais également la sensibilisation à l’alimentation durable, saine et de saison ainsi que la découverte de la biodiversité grâce à un parcours de plantes sauvages. « Ici, avant, c’était du béton, raconte Julien. Maintenant, il y a de la vie, pas seulement celle du potager, mais aussi au niveau des utilisateurs de la bibliothèque. Le lieu est ouvert. Il y a beaucoup de visites, on échange avec les gens, et on apprend mutuellement ». Aude fait alors passer un petit message : « On doit aussi s’organiser pour mieux écouler les légumes. Beaucoup de gens viennent visiter, mais un coup de main ferait du bien, surtout pendant les pics de production...» A bon entendeur...

Plus d’infos : www.potage-toit.be

  • La pousse qui pousse

 Drôle de lieu que La pousse qui pousse, à deux pas de la gare bruxelloise du Midi. Au bout du parking du Square Van Caulaert, au pied de hauts buildings d’appartements sociaux, vous poussez un portail en plein cintre. Là, un oasis vient de naître, en mai dernier. Une pépinière durable, au cœur d’un quartier populaire. Elle fait partie du projet « Potagers des balcons », lancé par Le Début des Haricots, dans le cadre du contrat de quartier durable Bosnie. « Nous souhaitons mettre à disposition des habitants un lieu où trouver des conseils et tout le nécessaire pour aménager son balcon ou sa terrasse et y cultiver des légumes, raconte Filippo Dattola, cheville ouvrière du projet. On trouve ici des espèces qu’on ne trouve pas ailleurs, comme ce basilic rouge... Et en même temps on végétalise la ville. » Pour payer son kit « potager de balcon » ou son plan de basilic grec, le jardinier en herbe pourra, outre de l’argent, donner soit un peu de son temps, soit des éco-iris, une monnaie complémentaire bruxelloise mise en place pour encourager les comportements durables. « Il y a aussi le côté éducatif, souligne Filippo. L’espace accueillera des ateliers pour adultes ainsi que des animations de l’asbl Gratte, pour favoriser la rencontre entre jeunes valides et jeunes handicapés mentaux par le biais du jardinage. Et on est ouvert à tout autre projet éducatif... ».

Plus d’infos : www.lapoussequipousse.be (vous pouvez y poster des photos de vos expériences potagères urbaines)

  • Un aquarium pour potager

Cultiver des légumes bio en symbiose avec l’élevage de poissons. C’est l’aquaponie. Une technique ancestrale, aztèque, mise au goût du jour. En pratique, l’eau de l’aquarium - chargée des déjections des poissons - est pompée pour être emmenée vers les plantes. Grâce à des bactéries bénéfiques, ces déchets organiques sont transformés en engrais naturel. En se nourrissant, les plantes filtrent l'eau qui est alors purifiée et rendue propre pour les poissons. « L’aquaponie est une alternative crédible à la production hors-sol classique (hydroponie). C’est une solution intéressante pour faire de l’autoproduction en ville, quand tu as peu de surface », explique Jérôme Veriter, conseiller pour l’asbl Groupe One. Avec son collègue Pierre Léger, ils ont installé une unité pilote dans une serre de 10 m2, au cœur de Saint-Gilles. Elle permet de sensibiliser le grand public, ou des personnes en orientation professionnelle, et de donner des formations techniques destinées à quiconque souhaite construire sa propre unité (dès 400 euros). « En voyant ça, ils comprennent très vite et très concrètement les notions de déchets et de ressources, d’économie circulaire, d’écosystème », s’enthousiasment les conseillers, passionnés par la production alimentaire urbaine. « L’agriculture urbaine doit s’appuyer sur l’écosystème urbain. Comme le producteur de champignons sur marc de café, qui vient de s’installer ici, dans la cave sous nos bureaux. Parce qu’en ville, on manque de terre, mais on boit beaucoup de café ».

Plus d’infos : www.aquaponiris.be

  • Servez-vous, c’est gratuit

Planter des légumes mis à disposition de tous, gratuitement, dans des bacs posés sur les trottoirs ou dans des parterres urbains. L’initiative a été lancée en 2008 par des habitants de Todmorden, en Angleterre, sous le nom de Incredible Edible (« Incroyables comestibles » en français). Depuis l’idée a pollinisé des dizaines de villes belges : de Tournai à Stavelot, de Schaerbeek à Florenville. A la manœuvre, des citoyens, jeunes et vieux, mus par l’envie de partager, d’embellir les rues, de reconnecter les habitants les uns aux autres, de se relier à la terre, d’avancer vers une autonomie alimentaire locale... « Tout le monde peut rentrer dans le mouvement : si vous voulez bricoler des bacs de potager, si vous savez dessiner des affiches, si vous avez la main verte ou si vous voulez juste donner quelques graines en contribution », témoigne Lisa sur le blog du mouvement belge. Elle a lancé un groupe à Namur, avec Sandra et Claire. « Vous pouvez aussi simplement mettre un bac devant chez vous, ou même un simple pot de basilic avec une affiche du mouvement, ajoute Sandra. La ville est censée appartenir à chacun qui y vit. Mais on ne fait qu’y passer. C’est une façon de se réapproprier l’espace public. »

Plus d’infos : http://incredibleediblebelgium.wordpress.com

Christophe Dubois

 

Sources

Magazine Symbioses n°103: Cultiver en ville

pdf

expériences insolites (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

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