Butineuses éducatrices pour élèves apiculteurs

Expérience réalisée par
institut de la providence de Champion.
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
faune.
Date & durée de réalisation
2015.
Lieu de réalisation
Province de Namur (5000).

Description de l'expérience

A deux pas de Namur et dans un écrin de verdure, les élèves de 1ère et 2ème année option sciences de l’Institut de la Providence de Champion s’initient à l’apiculture. Accompagnés par l’asbl Vent Sauvage, ils apprennent à mieux connaître et cohabiter avec ces insectes domestiques et à entretenir les 3 ruches installées dans le jardin de leur école.

En ce jour frais d’avril, les élèves de Madame Loeckx, professeur de sciences, se rendent pour la deuxième fois de l’année au rucher de l’école. En guise d’introduction, une élève relit le contenu de la séance précédente dans le carnet de suivi. Pendant ce temps, d’autres, parés de leurs gants et chasubles de protection, s’agglutinent pour apercevoir les abeilles. « On ne se met jamais devant les ruches ! rappelle l’enseignante. Ce n’est pas dangereux, et même s’ils ont autant de chances de se faire piquer dans un parc où il n’y a pas de ruches, il faut respecter certaines règles de sécurité. » Nathalie, animatrice à l’asbl Vent Sauvage, ouvre une ruche. « Le temps n’est pas idéal pour les abeilles, annonce-t-elle. Il fait trop froid, on ne va pas l’ouvrir longtemps. » Guidés par l’animatrice, les élèves préparent l’enfumoir pour calmer les abeilles et les faire rentrer dans la ruche. Ils peuvent alors identifier les différentes abeilles (ouvrières, mâles, reine), ainsi que les éléments de la ruche (la hausse, le corps, les cadres). Toutes ces observations sont consignées dans le carnet de suivi du projet.

  • Pratique et théorie
Dans cette ruche, les abeilles sont nombreuses et, bonne nouvelle, il y a du miel ! Les élèves en profitent pour se passer de main en main un cadre plein et grouillant d’abeilles. « Le fait de les observer de si près, de s’en occuper, de récolter leur miel, induit chez les enfants et les jeunes un comportement de respect envers les abeilles et les insectes en général, explique Nathalie. La peur fait alors place à la curiosité, la compréhension et l’intérêt. » Lors des animations, l’abeille domestique est aussi utilisée comme ambassadrice pour parler de l’état des autres populations d’insectes, moins facilement observables. « Guêpes, syrphes, papillons, abeilles solitaires ou domestiques jouent un rôle crucial dans la pollinisation. Sans eux, c’est 80% de notre alimentation qui disparaitrait », ajoute Nathalie.

De retour en classe, Madame Loeckx prend le relais pour la partie théorique, mais pas seulement. Dans le cadre de son cours d’activités scientifiques, elle aborde le cycle de vie des abeilles, leur mode de vie en société, leur importance en terme de biodiversité. Ainsi que la fabrication du miel. « Ce sont les élèves de 2ème année qui s’occupent de l’ensemble du processus d’extraction du miel, commente l’enseignante. Le miel est ensuite vendu aux parents, les élèves en sont très fiers. » Les pots sont ornés de belles étiquettes illustrées. Le résultat d’une collaboration avec le professeur de dessin et un concours proposé aux élèves de 1ère année.

  • Une approche globale
Madame Loeckx est à l’initiative du projet et le coordonne depuis maintenant 3 ans. « On a commencé par 2 ruches mises à disposition par un apiculteur professionnel, explique- t-elle. J’ai moi-même suivi une formation en apiculture. Suite à l’enthousiasme des élèves, j’ai proposé d’aller plus loin et d’avoir nos propres ruches. » Pour ce faire, l’enseignante n’a pas hésité à frapper aux portes. L’association de parents, un concours radio, la ville de Namur, des appels à projets. L’ensemble a permis l’achat du matériel coûteux : les ruches et les colonies, les plantes mellifères et tout le matériel nécessaire à la protection des élèves et à l’extraction du miel. Ces aides financières ont également rendu possible la construction d’un « rucher didactique » par la section menuiserie de l’école voisine. « Ce chalet permet aux élèves plus peureux et/ou allergiques aux piqûres d’abeilles d’observer malgré tout les ruches au fil des saisons et le travail d’apiculture », précise l’enseignante.

L’ensemble du projet a pour objectif d’offrir aux élèves une approche globale de l’abeille. Une approche à la fois scientifique, sensible et active pour aborder son fonc- tionnement, son rôle dans l’écosystème, ce qu’elle apporte aux humains et comment nous pouvons lui être favorables. Au fil du projet, l’abeille passe du statut d’insecte gênant, voire dangereux, au statut d’animal utile et à protéger. « Les gestes de l’apiculteur, qui sont enseignés ici, sont d’ailleurs des gestes respectueux de la vie de la colonie, en n’exigeant pas trop et en respectant son rythme », conclut Nathalie. Connaître, respecter et protéger, le trio gagnant de ce rucher scolaire mellifère.

Hélène COLON

Sources

Magazine Symbioses n°107: L'animal pour éduquer ?

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos

- Vent Sauvage - 081 81 14 42 - www.ventsauvage.be

- Institut de la Providence de Champion - 081 20 85 00 - www.providencechampion.be


Partenaire(s)
Vent Sauvage.

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