Réfléchir avec les mains dès la maternelle

Expérience réalisée par
Ecole communale de Corroy le Grand (Etabl. scolaire).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
éco-consommation.
Mots clés
maternelle, éco-consommation, récupération, bricolage, citoyenneté.
Date & durée de réalisation
2015.
Lieu de réalisation
Province du Brabant Wallon (1325).

Description de l'expérience

A l'école communale de Corroy le Grand, la récup' est un leitmotiv, le Do it yourself une religion. Les murs de l'école en portent d'ailleurs les traces. Du hall au grenier. Visite guidée

Une fois n’est pas coutume, commençons la visite de l’école communale de Corroy-le-Grand par le grenier. Une vraie caverne d’Ali Baba. Sur les étagères, des petites boîtes de rangement se superposent. Les enseignants y collectionnent les bouchons en plastique, les anneaux à ouverture de canettes, des boutons... A côté, de vieux bocaux, des tissus dépareillés, des coffrets en bois et mille autres bricoles. Une explosion de formes, de matières et de couleurs. Les vestiges de notre société de consommation. « Il faut que ce soit bien rangé si on veut que ce soit bien utilisé. Les enseignants viennent puiser ici ce dont ils ont besoin pour créer avec les élèves, explique Dominique Denamur, la directrice. Les parents le savent, et nous amènent régulièrement tout ce qui, sinon, aurait fini à la poubelle. La récup’, et plus largement l’environnement, font partie du projet d’établissement ». La directrice déniche une housse de costume et en tire une robe fabriquée entièrement à partir de canettes en aluminium. « Elle a été fabriquée par une enseignante et ses élèves, pour un défilé ».

On retrouve cette enseignante, Joëlle Kempeners, à l’étage inférieur, avec sa classe de 2e-3e maternelles. Leurs dernières réalisations sont des tableaux à la manière de Christian Voltz, un auteur qui a la particularité d’illustrer ses ouvrages jeunesse avec des personnages réalisés à partir de matériaux de récupération. « On a lu ses livres en classe, puis on a fait comme lui, avec plein de vieilles choses utilisées au boulot de mon père », explique le petit Maxime, 5 ans. Son papa, mécanicien, est ensuite venu expliquer son métier aux élèves. Car pour cette école rurale, il est important d’ancrer l’établissement au cœur du village et d’associer les parents.

Aujourd’hui, les œuvres décorent fièrement le couloir des primaires. Tout comme cet autre tableau réalisé avec des chutes de bois. « Les tableaux selon Voltz nous ont permis de travailler le schéma corporel et l’imagination, explique Joëlle. Et le tableau en bois, c’est un exercice de recouvrement qui permet de distinguer sans les nommer les quadrilatères rectangles, les essences de bois. Par ailleurs, une œuvre collective développe aussi les savoir-être. »

  • Une préoccupation environnementale

La directrice nous emmène dans l’autre bâtiment. Dans le hall d’accueil, deux mandalas géants font office de panneaux acoustiques. Ils ont été fabriqués par les élèves à partir de vieux tissus colorés. « C’est sans doute le seul bricolage à vocation vraiment utilitaire, constate la cheffe d’orchestre de cette école de 270 âmes. C’est aussi lié aux compétences de l’équipe éducative, plus artistiques que techniques ».

Tous ces bricolages font écho à la gestion environnementale de l’école, investie depuis deux ans dans un Agenda21 scolaire. Avec l’accompagnement de l’asbl COREN, l’établissement s’est résolument engagé sur la voie du développement durable, de la cantine (alimentation saine et écologique) au matériel scolaire. Ici, pas question de proposer aux parents de consommer du yaourt pour permettre aux enseignants de créer à partir des petits pots. « On invite les élèves à réfléchir à la consommation, à la valeur des objets », explique Dominique Denamur. Par exemple, les grands de 5e et 6e primaires ont créé l’an passé une capsule temporelle. Ils ont placé dans une vieille valise une sélection objets actuels emblématiques - un smartphone, une bouteille de coca, une farde de synthèse des apprentissages - valise qu’ils ont enterrée et qui sera exhumée dans vingt ans. En 2025, consommerons-nous les mêmes choses, apprendrons-nous les mêmes matières ?

  • Une intention pédagogique

« L’objectif de ces projets est de faire réfléchir les élèves au monde dans lequel ils vivent, de planter des petites graines de citoyenneté, de développer des passions, d’ouvrir l’école, souligne la directrice. C’est aussi une façon de valoriser les compétences manuelles, d’autres savoirs. Que chaque enfant puisse trouver ses forces et ses qualités. Quand on les met dans une situation de réalisation, on les rend conscient de leurs compétences. Tout n’est pas dans la tête, dans les maths et le français. Qui plus est, ce type d’activité permet aussi de travailler les échelles, les intervalles, l’éveil, l’histoire, la lecture, l’expression écrite... Certes, cela prend plus de temps, demande une part de bénévolat, mais ça laisse des traces plus profondes. »

Christophe DUBOIS

Sources

Magazine Symbioses n°109:Faites-le vous même(s)!

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Réfléchir avec les mains dès la maternelle (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Partenaire(s)
COREN.

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