Des découvertes au bout de la lorgnette

Expérience réalisée par
Les découvertes de Comblain (A.S.B.L.).
Cadre
scolaire et parascolaire, socio-culturel (associations: sport., cult., environ.,...), collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
enseignants, jeunes.
Thème(s)
paysage, sol et sous-sol.
Mots clés
paysage, histoire, animation, aménagement du territoire, lecture de paysage.
Date & durée de réalisation
2016.
Lieu de réalisation
Province de Liège (4170).

Description de l'expérience

L’association Les découvertes de Comblain propose aux enseignants du secondaire plusieurs animations autour du paysage. De quoi fouiller ses composantes naturelles et humaines, comprendre ses évolutions. Ici, la géographie s’apprend avec les pieds, les mains et les yeux.

Rendez-vous sur les hauteurs de Comblain-au- Pont. Surplombant les anciennes carrières de Géromont, une sorte de bunker contemporain, tout de grès construit. Si le lieu sert habituellement de Centre d’interprétation de la chauve-souris, Nicolas Klingler nous y dévoile aujourd’hui « les composantes du paysage », animation que l’association Les découvertes de Comblain propose aux classes du secondaire. Durant une demi-journée, les jeunes interpréteront l’espace qui les entoure, par une succession de défis. Première épreuve : retrouver Comblain sur une carte de Belgique, en un temps record. Chacun improvise sa méthode. Top chrono. Répartis en deux groupes, les élèves se réfèrent à l’index, d’autres à des points de repères. « Savez- vous que les paysages déterminent les grandes régions naturelles de Belgique ? Et que ce sont les sous-sols qui déterminent le paysage ? », enchaîne l’animateur, coupe topographique à l’appui. Les forêts vallonnées d’Ardenne, les plaines agricoles de Hesbaye, et ici, en Condroz, un séduisant mélange des deux, idéal pour développer l’analyse paysagère.


Dessine-moi un paysage

Cette analyse débute avec le second défi. Toutes les dix secondes, Nicolas tape dans les mains, un élève sort de la pièce et va à l’arrière du bâtiment, pour observer le riche paysage qui s’étend en contrebas. Le regard porte loin. Lorsque un second équipier arrive, le premier doit rentrer dessiner ce qu’il a vu. Et ainsi de suite. Les vaches, la forêt, le chemin de fer, les pylônes électriques, les méandres de l’Ourthe et de l’Amblève : le paysage devient progressivement mosaïque. « Mais non, la tour n’est pas là ! » : ça court, ça discute, ça dessine. Puis, on sort tous ensemble comparer les résultats. « Le paysage est interprété différemment. Généralement, ils surdimensionnent les éléments marquants, les garçons oublient les éléments de l’avant-plan, les filles mettent plus de couleurs », constate Nicolas.

En tandem, les jeunes prennent alors un morceau de tuyau, leur longue-vue. Celui qui tient la lorgnette décrit ce qu’il voit à son comparse, lequel le dirige vers un élément qu’il a choisi au préalable. « Je vois une maison en bordure de forêt », « Plus à gauche, après la prairie ». L’observation terminée, l’animateur interroge: « Selon vous, quel élément est valorisant ou au contraire dévalorisant en matière de paysage ? » Désaccord sur la tonnelle bleue et la caravane. De quoi aborder la subjectivité de la qualité paysagère.

Le maître mot : « Pourquoi ? »

Dernière étape : le paysage à travers la lunette du temps. A l’aide d’une maquette didactique posée face au magnifique panorama, Nicolas explique l’origine de notre topographie. Ensuite, la classe est divisée en quatre groupes, qui doivent étudier respectivement l’évolution des forêts, du bâti, des voies de communication et de l’agriculture, sur base de cartes allant de 1771 à nos jours. « C’est fou, il y a plus de forêts aujourd’hui qu’en 1771, où tout était cultivé ! Plus de maisons aussi. » « En 1938, il y avait encore un tram, plein de petits chemins et plusieurs carrières. Tout cela a disparu aujourd’hui ». Une question récurrente : pourquoi ? Et de parler des interactions entre l’homme et le paysage, de la mondialisation qui concurrence les productions locales, de l’immigration portugaise venue travailler dans les carrières et qui se retrouve aujourd’hui sans emploi, de la consommation de viande qui nécessite des pâtures et du fourrage, des monocultures destinées aux biocarburants, de la fin du pétrole, de l’impact des changements climatiques... «Mais je vais à l’essentiel, je ne les bombarde pas d’informations, précise Nicolas, afin qu’ils restent dans le vécu et ne décrochent pas ». L’animation se termine par une carte de Comblain en 2071, que les élèves doivent imaginer en partant d’une page blanche...

Christophe DUBOIS

Sources

Magazine symbioses n°111: A l'école du Paysage

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact : Les découvertes de Comblain - 04 369 26 44 - www.decouvertes.be
Partenaire(s)
Les découvertes de Comblain.

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