La conso collaborative : un remède anti-crise ?

Expérience réalisée par
écoconso (A.S.B.L.).
Cadre
autre
Public(s)
adultes.
Thème(s)
économie / entreprise, éco-consommation.
Mots clés
économie, collaboration, consommation, adulte.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Partager sa voiture, sa maison, ses bouquins, ses outils… et profiter de ceux des autres. De plus en plus de sites web et d’initiatives locales nous permettent désormais de troquer la possession contre l’usage et l’expérience.

Vous cherchez des vacances pas chères et authentiques ? Vous pouvez séjourner gratuitement dans la maison d'une famille italienne ou bretonne, tandis que cette famille passe, au même moment, ses vacances dans votre maison (www.guesttoguest.fr ou homelink.org/fr ). A moins que vous ne préfériez dormir dans le canapé d’une espagnole (www.couchsurfing.org ou www.bewelcome.org )? Puis, de retour au boulot, vous décidez de covoiturer vers votre espace de co-working avec Marc et Sabine, rencontrés sur www.carpool.be . Si ça ne fonctionne pas, vous louerez une voiture partagée (www.wibee.be ) ou en achèterez une avec vos voisins (www.autopartage.be ). Pour les travaux dans votre habitat groupé (www.habitat-groupe.be ), plutôt que d’acheter du carrelage, vous en trouvez gratos sur recupe.net. Et votre linge, vous le lavez grâce à la machineduvoisin.fr.

Transport, voyage, alimentation, habitat, énergie, culture, politique : la consommation collaborative a le vent en poupe et s’immisce progressivement dans les moindres recoins de notre quotidien. Place à l’innovation ! Préférant l’usage et le partage à la propriété, de plus en plus de consom’acteurs mutualisent leurs ressources. Tantôt gratuitement, tantôt en échange de temps ou d’argent. C’est le « C to C », du consommateur au consommateur, du citoyen au citoyen. Une tendance accélérée par l’éclosion incessante de plateformes digitales, permettant désormais aux particuliers de trouver plus facilement ce qui est disponible à côté de chez eux ou à l’autre bout du monde, d'entrer en contact puis de noter en ligne la qualité de l’échange. Un Européen sur six a déjà utilisé une plateforme collaborative. Aujourd'hui, tout ou presque peut se louer ou se partager via Internet. Et dans la famille de l’économie collaborative, la consommation a des frères et sœurs : le financement collaboratif (ex : crowdfunding, monnaies alternatives), la production collaborative (ex : fablab, repair café), la connaissance collaborative (ex : licences Creative Commons, logiciels open source).

  • Des motivations économiques et écologiques

« La consommation collaborative bouscule les anciens modèles économiques en changeant non pas ce que les gens consomment mais la manière dont ils le consomment », nous explique Wikipedia, modèle exemplaire de la construction collective de la connaissance. Mais pourquoi acheter une voiture en commun, accueillir un voyageur dans son fauteuil ou soi-même dormir dans le canapé d’un étranger ? Parce que c’est plus économique, écologique et sympathique ! Alain Decrop, qui a coordonné un intéressant ouvrage sur le sujet 1, y voit des aspirations sociétales vers un développement plus durable et des relations plus harmonieuses : « Cette volonté de soutenabilité et d’entraide conduit de nombreux consommateurs à chercher une utilisation plus efficace des biens et des équipements, à privilégier l’accès à la possession, le lien au bien. (…)  Ainsi, en 2013, 83% des Français étaient d’accord avec l’affirmation que "l’important, c’est de pouvoir utiliser un produit plus que de le posséder". » Sur une planète aux ressources limitées, le partage prend en effet tout son sens.

« Il y a mille et une manières d'agir qui sont bonnes pour le portefeuille, bonnes pour la planète et bonnes pour le moral », constate l’association écoconso, qui alimente le site consocollaborative.be, recensant les innombrables initiatives belges (ou étrangères sur le territoire belge). De quoi réinventer nos sociétés en transformant nos rapports aux objets et aux autres. »

Christophe Dubois

Plus d’infos : www.consocollaborative.be et www.ouishare.net

  • Une alternative à l’économie capitaliste?

Le secteur de l'économie de partage pourrait atteindre près de 270 milliards d'euros d'ici à 2025, selon PwC. Tout bon pour les gros acteurs capitalistes que sont les Uber ou AirBnB. En Wallonie, ce dernier représente déjà 10% de l’offre totale d’hébergement de tourisme. Plutôt que de réelles

« plateformes collaboratives », il s’agit davantage d’entremetteurs surfant sur la faible régulation de l’économie de partage, pour rediriger une grande partie des profits générés vers leurs actionnaires. On est ici bien loin des initiatives altruistes et collectivistes, nombreuses mais plus confidentielles, où les individus s’auto-organisent pour créer ou partager un bien commun et ainsi s’émanciper 2.

A lire :

1 La consommation collaborative - Enjeux et défis de la nouvelle société du partage , A. Decrop, De Boeck supérieur, 2017. En partie téléchargeable gratuitement.
2 Sauver le monde, vers une société post-capitaliste avec le peer-to-peer , M. Bauwens,  Les Liens qui libèrent, 2015

 

pdf

La consommation alternative (PDF)


Indicateurs

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