Jeunes, peurs et visions du futur

Expérience réalisée par
C-paje (A.S.B.L.).
Cadre
socio-culturel (associations: sport., cult., environ.,...), professionnel (entreprises, organisations, commerces, syndicats,...)
Public(s)
jeunes.
Thème(s)
art, citoyenneté.
Mots clés
jeune, art, climat, média, émotion, pollution, citoyenneté, écocitoyenneté.
Date & durée de réalisation
2020.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Allier approches réflexives et créatives pour décrypter ses propres peurs et les peurs collectives, puis construire une vision d’avenir. Des écoles et associations s’y sont essayées avec « Jeunes Porteurs de Paroles : Futur² », un projet du C-Paje. Via différents moyens d’expression, du graphisme à la vidéo, près d’une centaine de jeunes ont œuvré à « rendre au futur toutes ses dimensions de possibles et d’alternatives ».

« Dans une société qui instaure un climat général d’insécurité, nourrit les peurs, le repli sur soi…, comment se positionner pour grandir, agir et construire sa propre vision d’avenir ? Comment, aussi, éviter aujourd’hui ce futur si morose qu’on nous prédit ? Quelles actions pouvons-nous mettre en place ? Comment rendre au futur toutes ses dimensions de possibles et d’alternatives ? » Ces questions et d’autres se voulaient au cœur de Jeunes Porteurs de Paroles : Futur 2, un projet développé en 2019 par le Collectif pour la promotion de l’animation jeunesse enfance (C-Paje). Durant plusieurs mois, des jeunes de 6 écoles du primaire, secondaire et supérieur et de 7 associations du secteur jeunesse ont questionné leurs propres peurs et celles de la société, puis se sont projeté·es un siècle plus tard, en 2119, pour construire leur vision d’avenir via différents moyens d’expression.

  • De la réflexion à la création

Chaque semaine, deux heures d’animation étaient proposées aux classes et associations participantes. « L’idée est que l’expression soit au service de la réflexion, explique Fabrice Ruwet, animateur au C-Paje. La phase de réflexion vise à se questionner, s’interroger, découvrir, rencontrer… L’approche créative est le fruit de la réflexion et des envies des jeunes. On essaie d’utiliser différentes techniques d’expression créative : dessin, graphisme, musique, théâtre… Cette diversité permet à chaque jeune de trouver les moyens d’expression qui lui conviennent au mieux. »
Pour amorcer la thématique, la première animation consistait à réaliser un plan de la ville idéale du futur, à partir d’éléments écrits individuellement, puis discutés collectivement et traduits sur une grande affiche commune. « Pour que cette ville idéale reste viable, nous apportions des contraintes réalistes. Par exemple, quelle place pour l’hôpital ?, poursuit l’animateur. On remarque que les jeunes ont une conscience très précise des enjeux environnementaux et apportent plein d’idées à ce sujet : présence de la nature, de potagers, mobilité douce… »

Analyse d’extraits de films pour clarifier la vision du futur, réalisation de pop-up (carte en 3D) avec des couleurs véhiculant les émotions liées à l’avenir, création de maquettes modelant un instant capté en 2119, enregistrement vidéo d’un journal de bord du futur, émission radio… Des arts plastiques à l’expression orale, une flopée de techniques ont été explorées pour sonder le futur tel que ressenti et pressenti par les jeunes.

Regardant à la fois du côté des problèmes et des solutions, les différentes œuvres réalisées brassaient des thèmes aussi larges que l’omniprésence technologique, les guerres, les progrès scientifiques, les pollutions, les changements climatiques, le fascisme… Ces œuvres ont été rassemblées au sein d’une exposition, Jeunes & Pas peur, qui s’est tenue à Liège pendant une semaine.

  • Difficile d’évoquer le futur…

Au total, près de 100 enfants et jeunes, âgé·es de 10 à 20 ans, ont participé au projet. La grande hétérogénéité des âges induit des visions du futur assez différentes. Les capacités de projection sont, elles aussi, très variables. L’équipe d’animation l’a d’ailleurs constaté : évoquer le futur, se projeter… c’est très complexe. Pour certain·es jeunes, ce fut chose aisée, pour d’autres, source de blocages. « Qui peut vraiment dire à quoi demain ressemblera ? Pour les ados, l’avenir c’est dans quelques heures, voire demain. Pour les plus jeunes, c’est de la science-fiction, explique Fabrice Ruwet.  Au travers de discussions et débats, on a donc beaucoup observé le présent pour aider à se projeter dans le futur. On a essayé de comprendre, avec les jeunes, comment nous sommes arrivés, aujourd’hui, à certaines situations négatives comme le ré-chauffement climatique, les montées nationalistes, les renforcements sécuritaires… ou positives comme les progrès médicaux, les moyens de communication, les rassemblements populaires… On leur a donné des clés pour appréhender certaines projections, pour essayer de se projeter en 2119 de façon sensée, pour les rassurer aussi quant à leurs modes de pensée. »
En 2021, le C-Paje proposera un nouveau projet non loin de tout cela : Jeunesse passée, présente et projetée. Affaire à suivre, donc.

Céline Teret

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact : 04 223 58 71 - www.c-paje.be

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