Bâtiment passif, école active

Expérience réalisée par
Collège de Bièreau (Etabl. scolaire).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
énergie, environnement - généralités.
Mots clés
maternelle, énergie, développement durable, bâtiment passif.
Date & durée de réalisation
2010.
Lieu de réalisation
Province du Brabant Wallon (1348).

Description de l'expérience

En matière d'énergie, le collège du Biéreau à Louvain-la-Neuve fait figure d'exemple. Le nouveau bâtiment des maternelles a été conçu selon le standard passif qui révèle bien des atouts : écologiques, économiques et pédagogiques.

Une sonnerie, des rires d'enfants ; c'est l'heure de la récré au collège du Biéreau ! La classe de 1ère  maternelle s'engouffre joyeusement dans le sas thermique à double porte, passage obligé vers leur terrain de jeux. « Le sas thermique, c'est pour garder la chaleur dans le bâtiment, explique Margot, 4e primaire. On ne peut jamais ouvrir les deux portes en même temps sinon l'air chaud s'en va et l'air froid rentre. » C'est qu'au collège du Biéreau, depuis la conception du bâtiment passif, tout le monde est concerné par les économies d'énergie, y compris les primaires qui n'y passent que pour le cours de gym.

  • Ecologie et économies
L'aventure commence il y a quelques années lorsque le Pouvoir Organisateur s'est vu confronté à la nécessité de reconstruire un bâtiment. « Au moment des décisions, la réflexion s'est portée sur des questions de citoyenneté et sur les aspects financiers, se souvient Stéphane Vreux, l'actuel directeur. Un des défis qu'on rencontrera demain, c'est celui de l'énergie. Et ce défi, on doit le vivre dans nos actions, notamment quand on décide de construire.» Le choix du passif s'est donc tout naturellement imposé et le projet lancé. Un projet caractérisé par l'implication d'une flopée d'acteurs : parents, enseignants, élèves, associations, commune...
Après un an d'occupation, les premiers bilans sont positifs : « Les chiffres montrent que notre consommation tourne autour des 10 % de celle d'un bâtiment classique pour la même superficie, estime le directeur. Quand on voit les factures énergétiques des écoles, ce n'est pas négligeable ! » D'ailleurs, si l'on en croit les dernières estimations, il ne faudra qu’environ 8 années pour rentabiliser l'investissement lié au passif.

  • Un outil pédagogique
A quoi sert le sas thermique à l'entrée ? Pourquoi n'y a-t-il pas de radiateurs ? Pourquoi de grandes fenêtres au sud et pas au nord ? Pourquoi les stores automatiques se baissent-ils à certains moments ? Le bâtiment passif recèle une multitude de petits éléments qui permettent de titiller la curiosité des enfants et d'aborder, sans en avoir l'air, un grand nombre de matières. L'éveil scientifique, bien sûr, mais également le français, notamment à travers la lecture des nombreux articles de presse qui parlent de l'école.
Consciente de ce fait, l'école est en train de réécrire son projet d'établissement autour du développement durable. « Concrètement, cette année, on essaye que toutes les classes aient des activités qui tournent autour de la question de l'énergie.» Pour soutenir les enseignants dans leur pratique, un programme de formation est mis sur pied. « On a suivi des formations sur l'électricité, la chaleur, la lumière... en différenciant les approches en fonction des âges. C'est à partir d'expériences qu'on apprend aux enfants à se poser des
questions. »
Si la première année met le thème de l'énergie à l'honneur, d'autres thèmes comme l'eau ou les déchets seront ensuite abordés. Car les préoccupations de l'école ne se limitent pas aux aspects énergétiques : récupération d'eau de pluie, tri des déchets, détecteurs aux robinets, gestion du bruit, mare, potager... Les projets ne manquent pas !

  • Vers un effet boule de neige
Soucieux de partager son expérience, le collège ouvre son sas thermique à toute personne intéressée. Directeurs d'école, architectes, étudiants, pouvoirs communaux ou provinciaux, ils sont nombreux à être venus s'inspirer des caractéristiques techniques du bâtiment. Par ailleurs, l’établissement participe actuellement, avec d’autres, à la rédaction d’une plaquette « Réussir avec l’énergie ». « A travers ce document, on veut montrer que même sans un bâtiment passif, il y a toute une série d'activités mobilisatrices qu'on peut faire dans les classes, tout en s'intégrant dans les programmes et les compétences. » On vous en reparlera.

Vanina Dubois

Sources

Magazine Symbioses n°90: Habiter autrement

pdf

Habiter autrement (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
  • D'autres initiatives

D'autres écoles se lancent aussi dans la construction ou la rénovation durable. Quand les élèves sont associés à la démarche, le bâtiment devient un véritable outil d’apprentissage et d’éducation à l’éco-citoyenneté. C'est le cas de l'Institut Saint-Henry de Mouscron où la fabrication de classes à très basse énergie a permis aux élèves menuisiers de se former aux techniques de construction à ossature bois de conception bioclimatique. A l'Institut Immaculée-Montjoie d’Anderlecht, le projet de construction durable s'est doublé d'un volet pédagogique pour conscientiser les élèves, notamment via la gestion de l’eau de pluie : récolte et utilisation pour les wc, potabilisation dans le réfectoire, mare didactique...
En Région bruxelloise, plusieurs initiatives ont bénéficié du soutien de Bruxelles Environnement. C’est le cas de l'école Emile Bockstael ou encore de la crèche n°9 en construction à Molenbeek qui sera non seulement passive mais aussi agrémentée d'une toiture verte intensive sur laquelle les enfants pourront gambader.


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