Ecoles, à vos agendas...21

Expérience réalisée par
Collège Saint Barthélemy (Etabl. scolaire).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
jeunes.
Thème(s)
développement durable, environnement - généralités.
Mots clés
développement durable, Agenda 21, gestion environnementale, SME, environnement.
Date & durée de réalisation
2009.
Lieu de réalisation
Province de Liège (4000).

Description de l'expérience

Récit d’une école secondaire liégeoise qui, de petites actions en grands projets, a fini par s'investir dans une dynamique d'Agenda21 scolaire, en intégrant le développement durable dans de nombreuses activités de l'établissement.

Dans ce projet d’Agenda 21, j’ai trouvé une manière de vivre ce qui nous est demandé dans le Décret Mission, à savoir préparer les élèves à devenir des citoyens responsables. » Jean-Marc Drieskens, directeur du Collège Saint-Barthélemy, aurait-il imaginé, il y a près de 15 ans, quand la dynamique n’en était qu’à ses balbutiements, qu’un jour « Saint Bar » détiendrait le label « 3 planètes » pour son engagement dans le programme d’action Agenda 21 scolaire (lire avis et conseils pédagogiques)? Un label obtenu grâce à l’investissement de la plupart des acteurs de cette école secondaire générale du centre de Liège, qui se sont fédérés autour d’un projet global commun, celui d’une école en vue d’un développement durable (DD).

  • Panel étoffé d’actions

Les « 3 planètes » ne leur sont pas tombées du ciel du jour au lendemain. Les initiatives ont fait leur chemin à petits pas. Les premières actions, ponctuelles et d’envergure modeste, touchaient aux questions de santé. La gestion des déchets a ensuite mis un pied dans l’établissement pour ne jamais en sortir, avec l’organisation annuelle de l’action propreté « tornade blanche » et l’installation de poubelles de tri dans les classes. L’éco-consommation et la consommation durable ont aussi fait leur nid : installation de fontaines à eau, création d’une boîte à tartines « Saint Bar » distribuées aux nouveaux arrivants de 1ère année, ouverture d’un magasin Oxfam proposant des produits issus du commerce équitable, promotion du co- voiturage... L’école se tourne vers les fournitures scolaires écologiques, les photocopies recto-verso sur papier recyclé et autres éco-gestes. Dans la salle des profs, plus de gobelets jetables, la part belle est faite aux tasses lavables. Sans oublier les actions « don de sang » ou encore les activités visant à aller à la rencontre des écoles voisines. Evénement annuel devenu incontournable, la Semaine du développement durable plonge quant à elle toutes les classes au cœur de 5 journées de sensibilisation, ponctuées d’animations (déchets, santé...) et de visites sur le terrain (centre de tri, expo, centrale d’épuration...).

Avec le temps et les projets écoulés, la dynamique de Saint-Bar se veut de plus en plus globale, touchant l’ensemble de la structure scolaire et de ses acteurs. L’école s’ouvre aussi à des partenaires extérieurs. La coordinatrice Agenda 21 de l’école, Thérèse Surinx, prof de chimie - bio, explique : « L’équipe de profs ne se sentant pas compétente dans tous les domaines, nous avons fait appel à des associations, parmi lesquelles Coren. » L’association leur propose alors de se lancer dans la campagne « Ecoles pour Demain », et ensuite dans un programme plus complet : l’Agenda 21 scolaire.

Le directeur y voit une opportunité de fédérer les forces vives : « Beaucoup de choses se passaient tous azimuts dans l’école. L’Agenda 21 a permis de rassembler tout ça. » L’école s’atèle à la tâche depuis près de 4 ans, franchissant d’abord la barre des 2 planètes, pour décrocher, un an plus tard, la troisième, l’échelon ultime. « Aujourd’hui, nous devons asseoir ce qui a été mis en place et faire en sorte que cela perdure », souligne Thérèse Surinx. Et ce n’est pas une mince affaire. En témoigne l’épaisse farde à documents brandie par la coordinatrice. « Administrativement, c’est lourd. Tout doit être comptabilisé, ce qui demande un suivi important. Tout cela prend du temps. Mais à la fois, c’est indispensable d’avoir des indicateurs afin de mieux se rendre compte des avancées et de montrer les résultats aux élèves. » Pour assurer l’ampleur de la tâche, Thérèse Surinx dispose d’heures NTPP (nombre total de périodes-professeurs, calculé sur base du nombre d’élèves), équivalant à 3 heures par semaine.

  • Axe pédagogique

Saint-Bar ne se restreint pas à sa bonne gestion environnementale. En toute cohérence, la pédagogie s’imprègne aussi des grands thèmes qui gravitent autour du DD. Si certains enseignants traînent la patte, d’autres tentent d’intégrer ces enjeux en classe et parfois même de travailler en interdisciplinarité. « En théorie, c’est possible de mettre du développement durable dans tous les cours, mais dans la pratique, ce n’est pas si facile. La plupart des collègues sont convaincus de la pertinence, mais répondent qu’ils sont tenus par un programme et que ce n’est pas toujours évident, que les moyens manquent pour réussir à s’adapter. »

Innovation sur la scène pédagogique : un cours d’Education au développement durable dispensé à tous les élèves de 2ème année pendant un semestre. « Il y a un travail de fond indispensable à réaliser pour faire prendre conscience, notamment, que le DD c’est bien plus que l’écologie, explique le directeur Jean-Marc Drieskens. Ces cours abordent donc plusieurs thématiques. Les conditions sociales lors de la confection de vêtements, par exemple. Le but étant de casser des mythes et d’éduquer à la citoyenneté. Ca fait désormais partie intégrante de la formation des élèves. »

  • Participation active

Sur base volontaire, une quinzaine d’enseignants constitue aussi un écocomité, qui travaille sur les aspects pédagogiques, entre autres dans la préparation de la Semaine du DD. Parfois, de nouveaux projets sont déposés sur la table... à modérer. « Il faut veiller à ne pas vouloir faire trop, trop vite », souligne Thérèse Surinx. Un autre comité, composé des acteurs financiers et techniques, se penche sur les questions de gestion. Partout sont présents la coordinatrice Agenda 21 et le directeur, pour faire lien. Le soutien de la direction fait d’ailleurs partie des incontournables de la réussite.

Et les parents dans tout ça ? « Leurs échos sont très positifs, souligne Jean-Marc Drieskens. On ne les sollicite pas tellement, mais il y a une reconnaissance et une acceptation. Nous disposons également du soutien du Pouvoir Organisateur, ce qui est essentiel pour ce genre de projet. »

Quant à la participation des élèves : « On souhaite qu’ils soient partenaires et pas seulement consommateurs, insiste Thérèse Surinx. Une de nos grandes réussites, c’est le groupe d’écodélégués.» Ce groupe est composé d’une vingtaine d’élèves de la 3ème à la 6ème année. Tous se sont portés volontaires et grappillent sur leurs temps de midi pour penser et concevoir leurs projets. Pour l’instant, la fine équipe cogite sur la confection d’un sac réutilisable, en remplacement du sac plastique contenant le matériel scolaire distribué en début d’année. La réflexion est globale : « Quelle taille ? En quelle matière ? Du coton ? Mais s’il provient de Chine, il risque d’appuyer des conditions de travail non éthiques... Optons plutôt pour un sac en synthétique, provenant d’une société locale. »

Les écodélégués sont très actifs dans l’organisation de la Semaine du DD, donnent aussi un coup de main dans l’entretien du verger et se pencheront bientôt sur l’épineuse question de la régulation des chauffages. Bref, il y a du pain sur la planche. « C’est plus pour s’amuser que pour travailler, lancent Victor et Marco, écodélégués. On ne se serait jamais rencontrés si on n’y avait pas participé, car on est tous d’années et de groupes différents. On est plus investis dans l’école. On montre aux profs qu’on n’est pas juste là pour subir des cours, qu’on peut aussi être actifs. » Et ce n’est pas la coordinatrice qui les contredira : « Au cours de ces projets, chaque élève est écouté et entendu. Cette dynamique permet aussi de tirer et de valoriser autrement certains élèves qui, dans le cadre scolaire, s’investissent habituellement moins. »

Hors de question, cependant, que Saint-Bar devienne une institution de « khmers verts », qui gaverait de développement durable élèves et enseignants, jusqu’à l’écoeurement. Le directeur insiste : « On évite d’être donneurs de leçons. Si on sombre dans la moralisation, on rate sa cible. Surtout avec des ados qui pourraient très vite devenir contre. Quand ça devient naturel, on a gagné. » A petites doses, donc. Et si la sauce développement durable ne prend pas aujourd’hui, peut-être y reviendront-ils dans le futur. « L’enseignant est un semeur. C’est frustrant, car ce n’est pas lui qui récolte. » Gageons que la récolte Saint-Bar sera bonne.

Céline TERET

Avis & Conseils pédagogiques

Agenda21 scolaire... Mais qu'est-ce que c'est?!

Basé sur l’Agenda 21 imaginé par les Etats du monde lors du Sommet de la Terre à Rio, l’Agenda 21 scolaire est un
ème « plan d’actions pour le 21    siècle », oeuvrant pour un développement durable à l’échelle de l’école. A ce jour, une quinzaine d’écoles wallonnes sont suivies par l’asbl Coren et labellisées ou en cours de processus. Natacha Thevenod, de Coren : « L’objectif est d’avoir une vision sur le long terme d’une intégration transversale du développement durable dans toutes les activités de l’école, tant au niveau de la gestion que de la participation et du projet éducatif. » L’asbl propose un accompagnement en plusieurs étapes, démarrant avec la constitution d’un comité de pilotage et la désignation d’un coordinateur développement durable. Est ensuite réalisé un diagnostic, identifiant ce qui existe déjà en matière de gestion des déchets, politique d’achats, énergie, mobilité, bien-être..., d’outils de communication et de projets éducatifs. Assortie de recommandations, la trentaine de pages de diagnostic est remise à l’école qui n’a « plus qu’à » mettre en œuvre une série de procédures pour intégrer pleinement l’Agenda 21 tant dans sa structure que dans sa pédagogie. En fin d’année, une évaluation donne une vision globale des avancées. Après le passage d’auditeurs externes et la validation d’un jury, un label - oscillant entre 1 et 3 planètes - est remis à l’école. Valable 2 ans et renouvelable, cette labellisation est reconnue par la Région wallonne et par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Alors, contraignant cet Agenda 21 scolaire ? « Au début, on essaie surtout de valoriser ce qui se fait déjà et de donner un cadre, tempère Natacha Thevenod. Ensuite, tout est à construire avec l’école, qui trouve les solutions qui lui conviennent le mieux. On n’impose rien, on suggère. Chacun avance à son rythme, sans obligation de résultat. Il faut bien prendre le temps de comprendre et ne pas être trop ambitieux. Les dynamiques se mettront en place petit à petit, au fil des années. »

Contact : Coren - 02 640 53 23 - www.coren.be (découvrez-y les fiches descriptives de toutes les écoles labellisées)

Sources

Magazine Symbioses n° 94: Le développement durable en question

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Ecoles, à vos agendas...21 (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Partenaire(s)
COREN.

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