Ces quartiers durables qui essaiment

Expérience réalisée par
Helmet quartier durable (Ass. de fait).
Cadre
collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
tous publics - famille, public précarisé.
Thème(s)
développement durable, citoyenneté.
Mots clés
développement durable, citoyenneté, écocitoyenneté, bien-être, social, collectif, lien social, consommation, éco-consommation, cohésion sociale.
Date & durée de réalisation
2008.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1030).

Description de l'expérience

La capitale belge compte désormais une quinzaine de quartiers durables. Portés par des habitants en quête de bien-être, de lien social et d’alternatives locales de consommation, ces quartiers développent des projets collectifs alliant respect de l’environnement, participation et convivialité. Focus sur « Helmet, quartier durable », à Schaerbeek.

Brouhaha de début de soirée au Riga, café situé sur une place schaerbeekoise du même nom. Vissés sur leur chaise, verre à la main, Edith, Laurence et Olivier papotent déjà. Les autres ne vont pas tarder. Comme tous les premiers vendredis du mois, les habitants du quartier Helmet, habitués ou novices, se réunissent pour le « BabbHelmet », un moment « pour se rencontrer entre voisin- e-s, se détendre à la veille du week-end, refaire le monde (ou Helmet)... ou simplement babbeler (NDLR : du bruxellois « bavarder ») ! » Une initiative parmi tant d’autres, pensées et élaborées par les habitants actifs au sein du projet « Helmet, quartier durable ».

Les débuts remontent à fin 2008, lorsque la petite poignée d’habitants initiateurs remportent l’appel à projets « Quartiers durables » de Bruxelles Environnement 1. Ils bénéficient alors d’un soutien financier et d’un accompagnement d’un an pour ébaucher les premières initiatives et faire mouche. Et en près de quatre ans, ils en ont abattu des projets ! Le jardin partagé, d’abord, pour jardiner ensemble et récolter des légumes distribués entre participants ou, à l’avenir, dégustés lors de fêtes de quartier. Le compost collectif, aussi, qui accueille les déchets organiques d’une quarantaine de ménages. À côté de cela, deux groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne (GASAP) permettent de se procurer des fruits et légumes de saison en filière courte, directement auprès d’un maraîcher local, le tout autogéré par les ménages (permanences, comptabilité...). Quant au GASAPain, il a vu le jour pour pétrir, bouler et cuire son pain à l’ancienne et tous ensemble. Le quartier durable a aussi mis au point, via des listes de diffusion par internet, une « donnerie» pour donner et/ou récupérer des objets, et une « servicerie » pour obtenir et/ou proposer des coups de main (bricolage, etc.). Il y a également le Parcours végétal, répondant à un appel à projets communal « La nature dans mon quartier », qui vise à reverdir les rues et les abords de La Gerbe, une AMO (aide à la jeunesse en milieu ouvert), et d’une école, avec la participation des jeunes. Certains habitants n’ont pas eu peur non plus de se plonger dans des dossiers plus techniques, en participant au processus du récent Contrat de Quartier Durable 2.

  • Dans la durée

Défi majeur, désormais, pérenniser ce qui existe. « On a planté beaucoup de choses la première année, souligne Laurence. Ça a poussé et maintenant il faut qu’on s’en occupe. »

Si un noyau dur d’une dizaine d’habitants pilote bénévolement l’ensemble de la dynamique de quartier durable, le but est d’atteindre une certaine autonomie au sein de chaque groupe d’action. « On veut éviter d’être considérés comme des semi- professionnels, éviter que les gens viennent juste ‘‘consommer’’. On ne propose pas des projets ‘‘pour’’ les habitants, mais ‘‘avec’’ eux.» A chaque participant, donc, de mettre la main à la pâte, de s’impliquer, de prendre son tour de responsabilité...

  • Engagement collectif

Difficulté inhérente à la plupart des quartiers durables et des projets de ce type, celle de réussir à toucher d’autres publics que les habituels sensibilisés, les irréductibles convaincus, voire les bobos du quartier. « Ça dépend des projets, lancent Edith et Laurence, mais c’est vrai qu’au GASAP ou au sein du groupe pilote, par exemple, on se ressemble, même si on a des avis différents. Par contre, d’autres personnes côtoient le jardin, surtout quand on organise une fête. C’est un lieu ouvert, du coup il n’y a pas la barrière d’une porte ou d’une façade. Et quand on organise des projets en partenariat avec d’autres associations, le public est plus large. »

Pour Olivier, la force du partenariat est primordiale et permet d’enrichir la convivialité : « On collabore beaucoup avec la Maison de quartier Helmet et avec l’AMO La Gerbe. Cela nous permet d’impliquer d’autres habitants, comme les enfants habitant les logementssociauxouencorelesfemmesapprenantes.Il yaune réelle complémentarité entre les habitants et les associations. »
« J’ai le sentiment que ma vie est beaucoup plus durable qu’il y a 3 ans car nous avons mis en place les projets qui le permettent, partage Laurence. On a réussi à concrétiser des envies qu’on n’aurait pas concrétisées seuls. On est passé à l’acte au départ de préoccupations communes. » Olivier abonde dans ce sens : « Ce projet de quartier durable a permis un réel engagement collectif! »

Céline TERET
1 voir www.quartiersdurables.be , à ne pas confondre avec les Quartiers durables, les Contrats de Quartiers Durables de la Région bruxelloise sont conclus entre la Région, la commune et les habitants d’un quartier afin de revitaliser les zones urbaines les plus fragilisées de la capitale en agissant sur le logement, l'espace public, les équipements, etc. Voir www.quartiers.irisnet.be

Sources

Magazine Symbioses n°94: Le Développement Durable en question

pdf

Helmet (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact : www.helmetquartierdurable.be

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