Si on partait en classe d’ErE ?

Expérience réalisée par
CDPA de Péruwelz - La Roseraie, Service provincial d'Education à l'Environnement - Classes de Forêt - Domaine de Chevetogne (Institution publique), CNB (A.S.B.L.), Domaine des Fawes, Aquascope Virelles (A.S.B.L.), CPIE Flandre Maritime, Grandeur Nature (A.S.B.L.), Le Fagotin (A.S.B.L.), Ecole de Clerheid (A.S.B.L.).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
tous publics - famille.
Thème(s)
environnement - généralités.
Mots clés
séjour, séjour scolaire, voyage, voyage scolaire, ferme d'animation, ferme pédagogique, classe verte, classe de mer.
Date & durée de réalisation
2014.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Classes vertes, de mer, de ville, de patrimoine, médiévale, de ferme, de ski, d’aventure... Les écoles ont l’embarras du choix en matière de classes de dépaysement. Alors pourquoi ne pas se tourner vers des structures qui portent l’Education relative à l’Environnement (ErE) dans leurs animations, leur péda- gogie, leur logistique... Illustrations et rencontres avec des acteurs de terrain.

Préambule : Ce tour d’horizon n’est évidemment pas exhaustif. Etayé de quelques témoignages, il tend simplement à donner une idée des possibilités offertes aux écoles qui souhaitent s’inscrire dans une démarche d’ErE au travers de leurs classes de dépaysement.

Les enseignants qui souhaitent faire un séjour chez nous avec leur classe ne viennent pas avec la demande explicite de faire de l’Education relative à l’Environnement, mais en fin de semaine, on leur explique que ce qu’ils viennent de vivre, c’est de l’ErE. » Anthony Demarbaix est directeur de La Roseraie, un des 10 Centres de Dépaysement et de Plein Air (CDPA) qui accueillent les classes de tous niveaux et de tous réseaux pour des séjours axés sur l’éducation à l’environnement. « Les CDPA permettent soit d’illustrer un cours, de la théorie déjà vue en classe, soit d’agir comme un détonateur pour ensuite exploiter la matière en classe, poursuit Anthony Demarbaix. On part de la demande et des objectifs de l’enseignant et on veille à coller avec les socles de compétences. Une classe ne se retrouvera donc pas à la traîne au niveau des compétences acquises. » Située à Peruwelz, La Roseraie propose différents modules : forêt, zones humides, terrils, jardins sauvages... « L’ErE, c’est passer au-delà de l’unique éducation à l’écologie et aborder un milieu dans sa globalité. C’est explorer la forêt, pas uniquement sous le prisme de l’écologie, mais aussi dans ses fonctions de loisirs, ses apports économiques, ses enjeux environnementaux... C’est ouvrir l’esprit. »

  • Relier discours et actes

Durant leur séjour d’une semaine à La Roseraie, élèves et enseignants se voient servir un repas sans viande. L’alimentation durable est en effet prise en compte dans un nombre croissant de structures d’accueil. Parmi les gros bolides, il y a le Domaine provincial de Chevetogne, qui propose des repas préparés avec des produits régionaux, ainsi qu’un jour sans consommation de protéines animales, le Jeudi veggie. Même chose à l’écosite des Cercles des Naturalistes de Belgique (CNB), dans la Vallée du Viroin. Ses séjours axés nature et écologie sont gérés dans une perspective de cohérence environnementale en matière d’alimentation, mais aussi d’énergie, de gestion des déchets, de biodiversité...

Dans le Pays de Herve, le Domaine des Fawes propose quant à lui des classes de dépaysement au cours desquelles les enfants de la 3e maternelle au secondaire pourront expérimenter les gestes d’autrefois en fabriquant eux-mêmes du beurre ou du sirop, vivre et découvrir la nature (la mare, le ruisseau, l’arbre, l’oiseau...) ou encore explorer le patrimoine local en partant à la découverte du village de Charneux. Actives et participatives, ces animations défendent une démarche pédagogique globale, faisant appel à l’imaginaire, aux sens, au savoir et à l’action pratique. Ce centre de découverte nature agit aussi sur le terrain plus logistique : « Amener les enfants à une prise de conscience pour un "agir responsable" passe aussi par l'alimentation. Dans ce cadre vous pourrez déguster des produits régionaux de qualité (confitures, sirop, fromages...) et de savoureuses collations. Nous contrôlons aussi notre consommation de viande au quotidien et veillons à réduire nos déchets. » La rénovation récente des bâtiments (meilleure isolation, panneaux photovoltaïques) tend aussi à entrer en cohérence avec les valeurs environnementales portées par le centre.

  • Apprendre les pieds dans l’eau

Les classes vertes sont bien connues, mais connaissez-vous les classes bleues ? Elles sont au programme de l’Aquascope de Virelles et de ses merveilleux étangs. Les animations y sont centrées sur le thème de l’eau et adaptées à tous les âges. Et à toutes les individualités aussi. Afin que chaque élève y trouve son compte, l’équipe d’animateurs varie ses méthodes pédagogiques. On retrouve ici cette approche globale défendue par les acteurs de l’ErE.

En matière d’eau, il y a aussi évidemment les classes de mer qui sensibilisent à l’environnement marin. Le CPIE Flandre Maritime, par exemple, propose aux écoles des séjours en bord de mer, dans le Nord-Pas de Calais, en France, pas si loin de chez nous. Avec son asbl Grandeur Nature, Ann Remy organise également des classes de mer, à la côte belge, essentiellement pour le primaire. Cette animatrice en ErE élabore le programme à la carte avec l’enseignant, anime sur place, réserve l’hébergement et les visites. Les séjours s’étalent sur 3 à 5 jours, avec une préférence pour la formule longue durée. « Trois jours, c’est très court... Entre les aspects logistiques liés à l’arrivée et au départ, finalement il ne reste plus qu’une journée d’animation. Quand on a 5 jours, on a le temps d’établir le contact, d’amener le sujet en douceur, d’apporter du bien-être petit à petit... »

Lors de ses séjours, Ann Remy tente de conscientiser à la relation entre l’homme et l’environnement. Munis de leur épuisette et de leur binoculaire, les enfants vont à la pêche, observent,manipulent... Ils partent en balade, se roulent dans le sable, visitent le musée de la pêche, découvrent la chaîne alimentaire... Et les enseignants ?« Leur participation est très variable. Certains ne s’impliquent pas, d’autres sont très actifs et interviennent lors des animations pour faire des liens avec les cours. C’est évidemment plus facile quand je me sens soutenue par l’enseignant, on est en situation de co-animation. » Pour ce qui est des repas, soit ils sont prévus dans l’hébergement, soit Ann Remy vient avec son cuistot et tente alors de proposer aux groupes une démarche plus saine et durable. « Mais il y a beaucoup de résistances de ce côté-là, à cause du poids des habitudes, de la peur de ce qui est différent et du budget limité. » En matière de mobilité, les groupes se déplacent à pied ou en transports en commun. « Ils expérimentent le bus et le tram et se rendent compte que la marche fait du bien. Ils sont tellement habitués à ce qu’on vienne les chercher en bus... » L’occasion de découvrir autre chose, tout en restant dans un cadre scolaire. « Généralement, soit on est en classe et on travaille, soit on est dehors et on joue. Avec ce type de séjour, comme pour les animations nature en général, on apprend en étant dehors. C’est l’école mais pas tout à fait... »

  • La ferme, un séjour chargé de sens

Autre possibilité : partir à la découverte du monde merveilleux de la ferme. En la matière, il faut distinguer les fermes pédagogiques des fermes d’animation. Les premières sont des fermes d’exploitation, et donc de production, où l’agriculteur/trice (ou son/sa conjoint/e) décide de développer un volet pédagogique. Les secondes ont pour activité principale l’animation de groupe. Elles n’ont pas pour but premier de produire de l’alimentation mais de permettre à chacun de renouer avec la nature et de mieux comprendre son environnement au travers de la vie à la ferme. On y trait la (parfois seule) vache, on y fait du pain, on nourrit et soigne les animaux, on se balade dans la nature environnante...

Bernadette Abras est directrice de la ferme d’animation Le Fagotin, située à Stoumont : « La ferme, c’est comme un microcosme qui touche à tous les problèmes de la vie. Un coq fait sa parade, une vache met bas, un lapin meurt... Ce sont toutes des situations de vie à portée de l’enfant si on pose un regard simple. » Les fermes d’animation sont ouvertes à tous les âges. Pourtant, y séjournent surtout les écoles maternelles et primaires. « Notre approche est très sensorielle, affective, concrète. En secondaire, les enseignants cherchent davantage des contenus scientifiques, ce que nous développons moins. Par contre, des écoles spécialisées ou professionnelles s’adressent à nous avec des objectifs plus humains. » Et accueillir des groupes pour une semaine entière, quelle aubaine ! « Quand les enfants sont ici plusieurs jours, on réussit à dépasser le stade de la consommation d’activités. A leur arrivée, ils sont tout excités. Puis, plus les jours passent, plus ils se posent, s’organisent et structurent leur contact à l’animal. Avoir le temps nous permet de donner du sens à ce qu’on fait. On tente aussi de se questionner avec les enfants pour qu’ils prennent conscience qu’on est dans un cycle : traire la vache, oui, mais pourquoi ? Nourrir les animaux, oui, mais d’où vient cette nourriture ? » Dans cette optique de cycle et de cohérence, le Fagotin veut faire le lien entre la ferme et les repas, en proposant de plus en plus une alimentation de proximité et durable. Son potager est bio et ses produits d’entretien écologiques. Les enfants se déplacent à pied dans le village. Ils participent à la vie de la ferme, mais aussi, quand c’est possible, à la bonne organisation de la vie en communauté, via un tableau des tâches. Une participation active des enfants qui fait penser à un autre centre d’accueil et d’animation : l’Ecole de Clerheid (lire fiche expérience ).

L’apport d’un séjour à la ferme, Bernadette Abras le résume en ces mots, qui pourraient s’appliquer à tous types de classe de dépaysement : « C’est important pour l’enfant en termes de connaissances, de santé, de vie collective. En terme d’autonomie et de développement de la personne, aussi : il apprend à manger d’autres choses, à s’endormir seul, à s’organiser... Il découvre également d’autres valeurs et d’autres mondes. L’enseignant, lui, va pouvoir faire des liens avec ses cours et va découvrir ses élèves autrement. »
Tout le monde s’y retrouve. Alors, préservons ces classes de dépaysement qui sont aussi, pour certains enfants et certains jeunes, la seule occasion de partir, d’aller voir ailleurs, de sortir de leur quartier et de leur quotidien, d’aller à la rencontre d’un environnement inconnu, de prendre une bouffée d’air... ou d’ErE, c’est selon.

Céline TERET

Sources

Magazine Symbioses n°102: Voyage éducatif

pdf

Si on partait en classe d (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Les coordonnées complètes de ces associations et d’autres se trouvent sur la base de donnée Adresses utiles du Réseau IDée .
La plupart de ces associations proposent aussi des stages pour enfants/ados et/ou des activités pour les familles... d’autres manières de partir en vacances !

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