Conter nature : le vivre pour l’apprendre

Expérience réalisée par
Le Baluchon (A.S.B.L.).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
art, pédagogie / éducation / formation.
Mots clés
conte, légende, pédagogie, formation, maternelle, art.
Date & durée de réalisation
2014.
Lieu de réalisation
Province du Hainaut (6000).

Description de l'expérience

Au Baluchon, toutes les activités commencent par « Il était une fois ». Que ce soit dans les bois, ou à l’intérieur de « l’armoire magique », au centre de Charleroi. En ce matin d’automne, il était une fois des futures institutrices maternelles...

On va faire une balade dans un autre monde, dans une forêt pleine d’histoires. On va pousser la porte, la voyez-vous entre les branches ? » Kaëlig, animatrice pour l’association Le Baluchon, emmène une vingtaine d’étudiantes de la Haute Ecole Louvain en Hainaut, site de Gosselies, à la découvert pédagomagique du bois de Jamioulx. « L’année prochaine, elles seront institutrices maternelles. Cette journée vise à leur donner l’envie et quelques clés pour aborder la nature de façon imaginaire et sensorielle avec leurs futurs élèves, explique Dominique Yernaux, leur professeur d’étude du milieu. Je mise sur l’affectif et le plaisir, c’est important pour tout le monde, et en particulier en maternelle. »

Pour entrer dans la forêt, les coquettes étudiantes sont invitées à se parfumer d’herbes matinales et à se maquiller d’un peu de terre. Si certaines se débinent, la plupart jouent le jeu. « Si vous ne le faites pas, les enfants ne le feront pas non plus. Vous pouvez même utiliser des accessoires, précise l’animatrice, en tendant à une volontaire un bonnet de gnome aux grandes oreilles. Vous pouvez aussi mettre de l’ambiance, faire des bruitages ou de la musique. » Chacune fabrique alors des mirlitons avec des tiges de renouée du Japon. « Ce sera notre cri de ralliement. Et pour ne pas se perdre, voici quelques cailloux blancs à poser sur notre trajet, comme le Petit Poucet », continue la pétillante Kaëlig.

Les étudiantes sont alors invitées à trouver, en sous-groupes, les étranges créatures cachées dans les arbres et les racines. « Inventer ensuite une histoire à ces créatures, nous les faire découvrir, donne aux enfants la possibilité d’être acteurs de la balade, explique la formatrice aux futures enseignantes. N’hésitez pas non plus à avoir ce petit grain de folie quand vous racontez une histoire. »

  • Une aventure intérieure

Après-midi, changement de décor et d’animatrice. Dans les locaux de l’association, en plein centre-ville de Charleroi, une « armoire magique » attend les étudiantes. Là, un décor de théâtre exigu, une vieille armoire en bois, des bibelots, comme il en traîne dans nos greniers. Le lieu est intime, la lumière tamisée. « Bienvenue chez Nounours, le gardien de l’armoire », chuchote Marie, du Baluchon. Elle ouvre un grand grimoire. « Il était une fois dans les bois... » Une histoire où les personnages sont des espèces de chez nous, où l’aventure parle d’hibernation et de migration, où la conteuse conjugue l’émotion de l’actrice et la rigueur de la scientifique.

Marie invite alors les futures institutrices à pénétrer dans la forêt, au cœur de l’histoire. Une porte de l’armoire s’ouvre, les jeunes filles s’y faufilent, coiffées d’oreilles de souris ou de lapin. Elles atterrissent dans un décor animalier, un grand espace de jeu composé de nids, nichoirs, potager, grenier, colline, terrier... Retombées naturellement en enfance, elles escaladent, rampent, se lovent. Les rires couvrent les chants d’oiseaux. « Que ce soit ici ou dans le bois, je me suis prise au jeu, j’ai adoré, témoigne Anaïs, étudiante. Ça donne des idées. Même si on a peur de sortir, il y a un cadre qui rassure ». Le calme revenu, les étudiantes devront créer un petit conte animalier, en sous-groupes. Avant un dernier débriefing.

  • Raconter pour vivre

Ici, les histoires sont partout, celles que l’on raconte, celles que les enfants imaginent ou lisent durant les pauses. « Dès que tu dis “Il était une fois”, tu as l’écoute des enfants - et des adultes - et tu les emmènes où tu veux, explique Marie. On ne fait pas que citer les choses, on les joue. » C’est la petite équipe du Baluchon qui invente ces contes sur la nature et crée les décors et les costumes. Ils en changent à chaque saison. « On n’a pas de formation de conteuse, mais ça se travaille. On est tout le temps costumées, le personnage fait beaucoup. Lorsqu’un mineur sort de l’armoire, pour les enfants, ça devient l’entrée de la mine. »

« Aujourd’hui, je leur ai demandé de vivre les choses et de ne pas prendre de notes. Il faut laisser maturer, souligne Dominique Yernaux. Avec cette approche, on enlève la peur des sciences, on aborde autrement les concepts. On utilise le bon vocabulaire, parce qu’on n’est pas en maternelle pour gagatiser, mais on y ajoute ce grain de folie et de rêve. On raconte des histoires et, sans s’en apercevoir, on fait passer toute une série de connaissances sur la nature.»

Plus tard, peut-être, les étudiantes eurent beaucoup d’enfants et répétèrent ce qu’elles avaient appris ce jour-là...

Christophe DUBOIS

Sources

Magazine Symbioses n° 104: Contes et Légendes

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conter nature (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Le Baluchon
071 509 689
www.lebaluchon.be

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