Réservoir d’activités et d’émotions

Expérience réalisée par
Education Environnement (A.S.B.L.).
Cadre
formations (specialisees et continuees), autre
Public(s)
adultes.
Thème(s)
paysage.
Mots clés
paysage, formation, citoyenneté, approche sensorielle, lecture de paysage.
Date & durée de réalisation
2016.
Lieu de réalisation
Province de Liège (4190).

Description de l'expérience

Dans le cadre de sa formation longue Interprète Nature et Environnement (INeE), Education Environnement organise un week-end Paysage. Gabriel de Potter, formateur, partage quelques éléments méthodologiques et activités proposés aux participants.

« Pendant deux jours et demi, nous embarquons le groupe d’une soixantaine de participants à Ferrières, en Province de Liège, pour aborder le thème du paysage à travers une kyrielle d'activités. A l’image de l'ensemble de la formation Interprète Nature et Environnement (1), nos activités proposent une démarche pédagogique inductive. D’abord, l’immersion sur le terrain et l’observation des faits pour installer le questionnement et, progressivement, construire le savoir ensemble : chacun amène sa part de questions et de connaissances. A nous de compléter et structurer le tout. Au-delà des différentes activités vécues au cours du week-end, il y a évidemment aussi la beauté des paysages parcourus et les émotions qu’ils suscitent.

De manière générale, on tente de montrer qu’il y a une finesse de lecture et d’appréciation des paysages qui s’apprend comme on apprend à déguster un plat fin. C’est une compétence, un plaisir, une nourriture, qui est le fruit d’une forme d’apprentis- sage aux détails, aux ambiances, aux variations, aux subtilités, aux contrastes, aux équilibres... Tout l’enjeu est d’éveiller ou ré- veiller cela auprès de nos publics.

Paysage aux multiples facettes

La première phase du week-end est un parcours autour du vil- lage de Villers-Sainte-Gertrude visant à mettre les participants au contact de différentes facettes du mot paysage. Il y a, par exemple, ce moment où, sur base d’un extrait de carte topo-graphique, les participants tentent d’imaginer et de dessiner le paysage qu’ils verraient s’ils étaient à cet endroit-là. Un peu plus tard, on passe devant l’endroit renseigné par la carte et ils comparent leurs essais avec la réalité. C’est l’occasion de parler des différents types de cartes et de leurs richesses.

Plus loin dans la balade, on invite au contact personnel et silen- cieux avec le paysage contemplé, par un dessin personnel. Comme le dessin est une forme d'expression qui suscite parfois des réticences, on propose quelques consignes facilitantes, comme le fait de commencer par les lignes de force. Sans le dire, on aborde de cette manière la géomorphologie.

Paysage d'aujourd'hui, mille paysages révolus


Autre moment, une promenade sur une crête sauvage et escarpée, constituée de blocs de poudingue. Là, on essaye de partir dans le lointain passé, par l’imagination. On raconte une histoire que les participants écoutent les yeux fermés en laissant venir à l’esprit les images qui « collent » avec les mots du nar- rateur. L’histoire est celle d’un vaisseau sur lequel ils ont embarqué et qui fait un voyage infernal à travers grêle, tempêtes, inondations, marécages, déserts, banquises... La chute : ce vaisseau n’a jamais voyagé dans l’espace, il ne s’est jamais déplacé ! Tous les événements décrits se sont déroulés en ce lieu précis où ils sont assis, de -360 millions d’années à... aujourd’hui. La crête rocheuse qu’ils traversent est la trace de mille paysages révolus.

Citoyens dans le paysage

Au cours de la même balade, on propose aussi un jeu de rôle au milieu du village. Une carte est déployée, avec les maisons, rues, etc. Chacun se voit attribuer au hasard une fonction : commerçant, propriétaire d’une résidence secondaire, agriculteur... Le bourgmestre annonce une consultation populaire pour cause de grand projet immobilier. Les participants, qui sont soit pour, soit contresuite à un tirage au sort doivent alors élaborer un discours en faveur ou en défaveur du projet. C’est une manière pour nous de ne pas aborder le paysage uniquement de ma- nière descriptive: montrer que chacun d’entre nous est témoin de l’évolution des paysages et peut être acteur de ce change- ment. Cette préoccupation citoyenne est d’aileurs présente dans toutes les autres thématiques abordées durant la formation. »

Propos recueillis par Céline TERET

(1) La formation Interprète Nature et Environnement (INeE) se déroule sur 2 ans et donne accès au brevet de Guide-nature.

Sources

Magazine Symbioses 111: A l'école du paysage

pdf

Réservoir d (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact : Education Environnement - 04 250 75 10 - www.education-environnement.be
Partenaire(s)
Education Environnement.

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