Autour de l’ école

Expérience réalisée par
Empreintes (A.S.B.L.).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
cadre de vie / logement, milieu urbain.
Mots clés
enfant, cadre de vie, quartier, approche sensorielle, milieu urbain.
Date & durée de réalisation
2017.
Lieu de réalisation
Province de Liège (4000).

Description de l'expérience

A Herstal, Spy ou Jumet, des élèves sont partis à la découverte sensorielle et analytique des alentours de leur école, accompagnés par l’asbl Empreintes. Leurs explorations se sont ensuite matérialisées en musée. De la maquette du quartier rêvé au cocktail d’odeurs « mégot-crotte ».

Découvrir l’environnement immédiat de l’école. Parcourir ces quelques rues adjacentes traversées généralement la tête dans les nuages. Mais cette fois, y ancrer ses pieds, son regard, ouvrir ses oreilles et son cœur. En 2014-15, l’asbl Empreintes a accompagné des classes primaires Autour de l’école, du nom d’un projet pilote d’éducation à l’environnement de cinq demi-journées. « En explorant un des principaux milieux de vie des enfants, l’objectif est de permettre aux élèves de mieux connaître les différentes composantes de leur environnement, les relations entre ces composantes, de se situer et se sentir en lien avec son environnement », résume Julie Allard, animatrice chez Empreintes.

  • Découverte dans tous les sens

Après une concertation avec l’enseignant pour définir la zone d’exploration, la première journée emmène la classe en rue, tous sens en éveil. Premier sens chatouillé : la vue. De guet au milieu d’une place ou au bord d’une prairie, l’enfant scrute les alentours, une lorgnette vissée à l’œil droit. Dès qu’un élément l’attire, il troque la longue vue pour l’appareil photo. Clic. Puis, place aux oreilles. Bandeau sur les yeux, les élèves doivent écouter les bruits avant de les dessiner. Troisième sens, le toucher. A la mode colin-maillard, les élèves sont dirigés vers un élément de la rue (une façade, un arbre), les yeux fermés. Ils le touchent puis, une fois revenus à leur point de départ, ils ouvrent les yeux, doivent retrouver l’élément, et en prendre l’empreinte par frottage. Dernière activité du jour, le cocktail d’odeurs de la rue collectées dans un bocal. De la fleur au mégot de cigarette.

De retour en classe, les enfants réalisent une maquette de la zone explorée autour de l’école. Cette œuvre 3D se transforme, sous les doigts magiques de Julie, en une éco-carte collective : « Chaque enfant va individuellement dessiner la maquette sur une feuille. Je vais alors rassembler les dessins et m’en inspirer pour réaliser une éco-carte commune, en veillant particulièrement à ce que chacun s’y retrouve. »

  • Se représenter l’espace

Quelques semaines plus tard, deuxième round. Les enfants repartent à l’assaut du quartier, cette fois équipés d’une grille d’analyse du bâti, de la mobilité et de la nature environnante. Ces observations de terrain leur permettront de finaliser l’éco-carte, notamment en identifiant les différentes composantes et fonctions du quartier (résidentiel, service, production, loisir). Au passage, ils analysent les interactions entre ces composantes. Par exemple la sandwicherie, la piscine et l’arrêt de bus sont tous en lien avec l’école. « Les élèves sont au centre. Par l’expérience et la découverte, ils se forgent leur propre avis. Puis, en confrontant leurs représentations, ils vont se corriger mutuellement », souligne Julie.

Dernière étape : rassembler toutes les productions - photos, dessins sonores, cocktails d’odeurs, maquette, éco-carte pour échafauder un musée du quartier, que les élèves présenteront aux autres classes, aux parents ou aux habitants du quartier. Ils y ajoutent une touche d’avenir, représentée sous forme artistique : « Ce que je souhaite pour mon quartier, disent en substance les élèves, c’est plus de sécurité, plus de place sur les trottoirs, plus de place pour jouer, ce sont des arbres et des fleurs, c’est une belle route pour les voitures, c’est la police pour contrôler ceux qui roulent trop vite. »

  • Une porte d’entrée

« Partir de la rue permet de toucher beaucoup d’enjeux. C’est un excellent point de départ », estime l’animatrice. Plusieurs écoles ayant participé au projet ont d’ailleurs prolongé l’expérience. A l’école communale des Hamendes à Jumet, ils en ont profité pour se plonger dans l’histoire du quartier. A Spy, les élèves ont aussi interrogé les habitants. A l’Ecole Libre Saint-Lambert 2 d’Herstal, dans un milieu très urbanisé, l’expérience a débouché sur un véritable projet d’école, inscrit dans le long terme :

« Autour de l’école rencontrait nos objectifs d’enseignement et d’établissement : travailler les compétences d’éveil ( comprendre l’espace ) tout en s'ouvrant au monde extérieur et à notre quartier, souligne Gilles Déom, enseignant en 5e primaire. Depuis, on a développé un projet d’école citoyenne, autour de trois axes : déchets, environnement sonore et alimentation. Et la commune aussi a avancé : dans les rêves des enfants, il y avait  le souhait d’aménager un espace naturel, d’améliorer la mobilité. C’est en cours. Ce n’est sans doute pas uniquement parce qu’un de nos élèves a fait remonter ces souhaits au conseil communal des enfants, mais ça y a peut-être participé. »

Christophe Dubois

Sources

Symbioses n°113:  La rue est à nous !

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Empreintes - 081 390 660 - www.empreintes.be

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