Tout dans la nature est source d'apprentissages

Expérience réalisée par
Ecole maternelle Saint-François des Ursulines.
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
milieu forestier, pédagogie / éducation / formation.
Mots clés
nature, forêt, milieu forestier, maternelle, éducation à la nature.
Lieu de réalisation
Province du Hainaut (7000).

Description de l'expérience

L’école des Ursulines, à Mons, bénéficie d’un beau parc arboré. De quoi titiller les envies naturelles de Cécile Fokan-André, institutrice de 3e maternelle et ancienne animatrice-nature.

« Stop les amis ! On va entrer dans la forêt. Mais on n’y entre pas comme ça, faut se préparer. Là vous sentez trop le savon, la lessive. Les animaux vont le sentir. On va prendre de l’herbe entre nos mains, on frotte… Vous sentez. On va se mettre ce parfum sur les bras, les jambes, les cheveux… » Marie, animatrice à l’asbl Le Baluchon, met les enfants en condition, les prépare à la journée d’immersion qu’ils vont vivre dans les bois de Jamioulx. « Maintenant, on va se déguiser. Comme moi : je trempe mes doigts dans la boue et je me maquille ». Tout autour d’elle, les 3es maternelles de madame Cécile exultent. Une maman d’élève, venue épauler, s’inquiète : « Vous n’allez pas vous mettre de la boue sur le visage quand même ? » Trop tard, deux grossières lignes brunes traversent déjà les joues de l’enseignante. Affranchie, la maman l’imite. « Voilà, on peut entrer dans le royaume de la forêt ».

« L’objectif de l’excursion d’aujourd’hui ? Le plaisir nature-nature, la découverte par les sens et l’imaginaire » explique Cécile Fokan-André, de l’Ecole des Ursulines à Mons. C’est par ce bonheur simple, par cette rencontre émotionnelle avec la nature, que les enfants vont construire leur relation à l’environnement. C’est par là aussi qu’ils éveillent leur curiosité, fondement de tout savoir. « Aller dans de vrais bois, c’est important, même si ça demande un laché prise auquel tous les enseignants ne sont pas préparés : on ne fait pas de rang dans les bois et on doit accepter une part d’imprévu », témoigne l’institutrice.

  • La nature, aussi à l’école

Un lapin prend la clé des champs à la vue des petits « loups » - le nom donné à la classe de madame Cécile. Deux pas plus loin, les enfants s’arrêtent devant une empreinte de chevreuil. Avant de s’asseoir au bord d’une mare pour boire de l’eau de ronces, tout en parlant grenouille. Et de se faire interrompre par un pic. « Pic pic pic ». « Regardez, c’est l’oiseau qui est sur le tronc là-bas ». Puis de partir à la chasse aux insectes avec Marie l’animatrice, de colorier un papillon avec des éléments ramassés dans la nature, de sculpter de petits personnages de terre et de brindilles… Discrètement, Cécile mitraille. Elle utilisera ces photos, plus tard, en classe.

Pour la jeune enseignante, ancienne animatrice en éducation à l’environnement, la nature est un jardin pédagogique au quotidien. Qu’elle cultive de septembre à juin. « L’école bénéficie d’un grand parc arboré et d’une mare. Cela me permet d’approcher la nature avec les enfants tout au long de l’année. L’excursion d’aujourd’hui, c’est la cerise sur le gâteau, où on s’autorise en plus à sauter dans les flaques ». Observer les araignées, les escargots, les vers de terre, dessiner avec des fleurs, imiter les loups ou en fabriquer avec des éléments de la nature, se choisir un arbre-copain… « Ce sont tantôt des choses que je prépare, tantôt que j’improvise, par exemple si un élève ramène un crapaud trouvé dans le parc. J’essaie au maximum de passer par le vécu : réaliser une recette, manipuler ». Avec une attention particulière à l’expression écrite ou verbale des enfants : garder une trace dans le cahier de vie, un dessin, utiliser des photo-langages.

« Parfois je fais juste quelques activités nature étalées sur l’année, mais cette année-ci je suis partie sur un projet plus vaste de découverte de notre planète, raconte Cécile Fokan. Découverte de notre système solaire, des continents et des océans, des différents types de paysages, de climats, de peuples, de cultures, de faunes et de flores, de coutumes, d’alimentations… Actuellement, nous abordons la question des déchets ..»

  • En plein dans le programme

« Mes objectifs d’années en 3e sont d’être bien dans son corps (délier la main par exemple), bien dans sa tête, bien avec les autres, être débrouillard, prêt pour le primaire, mais aussi leur faire prendre conscience de leur place dans la société ». Et l’institutrice d’insister sur l’importance de quitter périodiquement les murs de la classe, de passer par le vécu et les sens : « Il ne faut pas élever l’enfant dans un milieu clos. La découverte de soi et des autres passe par le vécu à l’extérieur, la découverte. Au quotidien, ils passent déjà beaucoup de temps devant des écrans. Sortons-les dehors ! Lorsqu’un petit revient d’une journée comme ça, il va dessiner avec son cœur. Tout dans la nature est source d’apprentissages, en psychomotricité, éveil, langue française… »

Pour Cécile Fokan, le lien avec le programme est évident : « Lorsque l’on vit des activités sur le terrain comme au Baluchon, que l’on réalise des expériences en classe (l’évaporation de l’eau), que l’on observe les découvertes des enfants (insectes, végétaux, crapaud…) c’est bien toute la démarche des compétences transversales instrumentales qui est sollicitée : "Agir et réagir, être curieux et se poser des questions, se donner une stratégie de recherche, rechercher l’information, traiter l’information, communiquer, mettre en œuvre" ». Des compétences mises naturellement en œuvre dans la nature.

Christophe Dubois

Avis & Conseils pédagogiques

  • Pistes pédagogiques et didactiques : les conseils de l’enseignante
« Tout d'abord, se replonger dans le programme, mais dans une partie trop peu souvent utilisée : celle des compétences transversales. Elles sont pour moi trop souvent négligées alors qu’elles sont essentielles dans la construction des savoirs, et encore plus en maternelle.
Il me paraît indispensable de vivre soi-même, comme enseignant, des activités nature tel qu’on peut le faire au Baluchon. C'est-à-dire de vivre par les sens et l’expression ce que la nature nous offre.
Même en tant qu’adulte on peut encore s’émerveiller des émotions et des découvertes faites lors de certains jeux. On pourra d’autant mieux les faire vivre aux enfants ».
  • Ressources internes et externes utilisées
« C’est ma formation qui me guide lors de ces activités. Après avoir été animatrice de mouvement de jeunesse, j’ai aussi fait la formation d’animatrice nature et j’ai travaillé en tant que telle lors de plusieurs stages.
Les idées et expériences des collègues sont aussi de bonnes ressources. J’ai en plus une directrice très sensible à ce genre de projet et qui nous soutient dans nos initiatives . Enfin, il y a aussi une recherche personnelle dans des bouquins, sur internet, ou dans ma tête ! Nous avons par ailleurs beaucoup de matériel à notre disposition : boîtes loupe, miroirs, matériel de récup’, livres, revues… Et je n’hésite pas à inviter les parents. »

Sources

Magazine Symbioses spécial maternelle

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Tout dans la nature est source d (PDF)


Subsidié par

Ressources propres

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Partenaire(s)
Le Baluchon.

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