Le chemin qui mène à l'école

Expérience réalisée par
EFDD (Education et Formation au Développement Durable) (A.S.B.L.).
Cadre
collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
adultes.
Thème(s)
citoyenneté, développement / solidarité internationale.
Mots clés
interculturel, jardin, citoyenneté, migration, poésie, alphabétisation.
Date & durée de réalisation
2017.
Lieu de réalisation
Province du Luxembourg (6980).

Description de l'expérience

Si vous grimpez à pied jusqu’à l’Institut du Sacré-Cœur, accroché sur un flan de La Roche-en-Ardenne, vous passerez certainement par un joli sentier traversant le parc de l’école. Vous le reconnaîtrez au petit panneau planté à l’entrée : « Un jardin de poésie ».

De part et d’autre du chemin, les élèves ont accroché leurs souhaits aux arbres ou les ont posés sur le sol. Sous forme de citations : « Rester c’est exister, voyager c’est vivre ». Ou d’invitation en anglais : « Do you want to play ? ». Et des mots en pachtou. Haji, Ajmal, Ghazi, Zamar et Sher Ahmad nous font la visite. Car depuis un an, l’école accueille une vingtaine de jeunes Afghans, hébergés dans les centres d’accueil de la région. Des MENA, pour « mineurs étrangers non accompagnés ». Des ados arrivés seuls en Belgique, qui ont fui la guerre. Pour venir, certains ont traversé plus de dix pays et risqué leur vie. « En Bulgarie, c’était très difficile. J’ai vécu deux mois dans la forêt, j’y ai vu des gens mourir », raconte Sher Ahmad, 17 ans.

Au Sacré-Cœur, la nature est belle et réconfortante. Elle crée des  ponts, plutôt que des murs. Surtout depuis que les élèves ont réaménagé le sentier et ses abords, dans le cadre d’un appel à projets éco-solidaires lancé par l’asbl Éducation et Formation au Développement Durable (EFDD). « Avec les 3e et 4e en biotechnique, nous avons réaménagé le jardin laissé à l’abandon, en y plantant des plantes rustiques indigènes. C’était un gros travail. Plusieurs classes sont finalement venues nous aider, dont celle des MENA », raconte Mme Vauchel, enseignante.

Lorsque les MENA sont arrivés dans cette école de 230 élèves, il a fallu sensibiliser les jeunes Belges. Visiter un centre d’accueil, vivre un parcours initiatique pour comprendre le trajet des migrants, écouter et déconstruire les préjugés. « Il y a des clichés racistes à démonter, ce n’est pas facile car cela dépend aussi du milieu familial, constate Isabelle Delvaux, la directrice. On ne change pas le racisme par la persuasion, mais par le contact positif, malgré la frontière de la langue. Aujourd’hui, on doit encore travailler au mélange, mais ils ont fait leur place dans l’établissement ».

En Afghanistan, aucun n’allait à l’école. Ici, ils doivent tout apprendre. En priorité le français, mais aussi les codes scolaires. Se lever à 6h, les bus étant rares et les centres d’asile éloignés. Puis rester assis toute une journée. « Le travail au jardin leur a permis de sortir, se réjouit Agnès Grandprez, bienveillante enseignante. Je leur apprends le français, à petits pas. C’est une expérience humaine très enrichissante. On échange nos cultures et nos points de vue. » En témoigne le Jardin de poésie.

Christophe Dubois

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact: EFDD - 0493 194 025 -
www.cahiers-developpement-durable.be

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