A la pêche aux bonnes idées

Expérience réalisée par
Haute école Galilée (Etabl. scol. niv. sup.).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
étudiants (futurs enseignants).
Thème(s)
pédagogie / éducation / formation, milieu marin.
Mots clés
pédagogie, normalien, éducation à l'environnement, enseignement, mer, milieu marin, formation.
Date & durée de réalisation
2006.
Lieu de réalisation
(62164).

Description de l'expérience

A la haute école Galilée, on forme les instituteurs de demain à conscientiser les tout jeunes au littoral. L’idée est simple : pour sauvegarder, il faut connaître. Pour protéger, il faut comprendre. Un apprentissage dont l’étudiant doit être acteur et qui ne peut se faire en profondeur qu’au travers d’une expérience de terrain.

Ambleteuse. Un village à peine plus grand qu’un hameau de campagne, perdu le long de l’océan atlantique, entre Boulogne-sur-Mer et Calais. Un terrain ensablé, secoué par le vent et la houle, sur lequel pourtant grouille une multitude de vies ; humaines ou animales, végétales, minérales. L’occasion rêvée pour 70 normaliens de deuxième année de la Haute Ecole Galilée de découvrir une faune et une flore variées ainsi que les enjeux socio-économiques de la mer. De quoi en tout cas susciter leur intérêt. « Donner envie d’en savoir plus, créer la curiosité pour que les étudiants adoptent par la suite une attitude positive envers la mer », voilà un des objectifs privilégiés de Brigitte Amaury, professeur de sciences, tout comme des deux autres professeurs qui encadrent le séjour, Jean Schmit, professeur d’histoire et Claude Thonet, professeur de géographie. Ici, l’approche se veut pluridisciplinaire et participative. « Il faut inviter les élèves à observer le vivant, à utiliser leurs sens pour qu’ils comprennent les choses par eux-mêmes. Que ce soit en biologie, en géo ou en histoire, il faut créer l’émerveillement. Car pour parvenir à motiver les futurs écoliers, il faut d’abord former des instituteurs motivés » explique C. Thonet.

  • Quand il y a action…
Les étudiants sont donc acteurs de leur activité. Pour le cours de sciences par exemple, la pêche aux moules, moules, moules est lancée. Bigorneaux, crabes et crustacés sont recueillis dans de petites éprouvettes et enfermés dans des paniers. Les étudiants en font des croquis. « Le dessin permet d’être plus attentif aux détails. A partir de là, l’étudiant peut aisément découvrir les caractéristiques propres à l’animal, voir comment il s’adapte à son milieu et reconstituer un classement scientifique » raconte B. Amaury. En histoire, l’étudiant est également amené à graver au carbone ses observations : il s’agira cette fois des façades des maisons d’Ambleteuse, reflets de l’adaptation de l’homme à un terrain marin, du Moyen-Âge à nos jours. C’est également l’occasion de s’intéresser de plus près au fort de Vauban. « S’il y a un fort, c’est qu’autrefois, il y avait un port. Aujourd’hui, à Ambleteuse, le port n’existe plus ; seul reste un petit pipi. Mais l’existence même du fort prouve que ça n’a pas toujours été le cas. Si le port a disparu, c’est sans doute parce que les architectes d’autrefois n’ont pas tenu compte des ensablements réguliers de la région », confie Jean Schmit. Faire comprendre aux élèves que « respecter la nature c’est relier temps, espace, homme et matière », c’est aussi l’idée de Claude Thonet. Avec lui, Olivier, Barbara, Sophie et les autres se déplacent à Boulogne-sur-Mer et se questionnent sur les différentes activités du port. Car éduquer au littoral, c’est également montrer qu’aujourd’hui, bateaux de pêche et bateaux de plaisance se mélangent sur l’eau salée, modifiant de plein fouet les modes de fonctionnement habituels du commerce maritime. Le développement durable en toile de fond, les animations montrent ainsi l’impact de l’homme sur son environnement. Les normaliens s’en sont rendus compte et s’en satisfont : « On peut facilement exploiter les choses qu’on a apprises parce que c’est une branche d’éveil qui montre concrètement le rôle que chacun peut avoir sur son milieu et qui peut donc être plus porteuse de sens pour les enfants » dit Barbara.

  • …Il y a réaction !
Une même pédagogie relie toutes ces activités ; une méthode active où il est question d’observations et où l’erreur est permise. « Mais il faut bien sûr aussi recadrer tout ça », explique Jean, « il faut faire comprendre aux étudiants qu’ils seront de futurs enseignants et que le B-A-ba ne suffit pas. » Il n’est donc pas question de limiter l’apprentissage à cette seule sortie en mer. Au retour, Claude poursuit l’étude des marées et retravaille la problématique des roches calcaires à partir d’échantillons recueillis sur place. Brigitte Amaury, elle, encadrera en fin d’année un colloque sur les océans et leur biodiversité, organisé par les étudiants qui ont participé à la classe de mer. Chaque jeune, grâce à ce qu’il a pu expérimenter et aux notes qu’il a prises en visitant le Musée Nausicaa (lors de leur journée à Boulogne-sur-Mer), animera le débat. Chacun d’entre eux jouera un rôle bien précis ; ainsi pêcheur, militant pour la sauvegarde des dauphins, industriel côtier ou scientifique s’affronteront parmi d’autres pour défendre leurs intérêts. L’occasion pour eux de pêcher de bonnes idées pour leur activité professionnelle de demain !

Candice Lenoble

Sources

Magazine Symbioses n°71

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A la pêche aux bonnes idées (PDF)


Subsidié par

Ressources propres, Communauté française

Indicateurs

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