Ces citoyen·nes à la manœuvre

Expérience réalisée par
Réseau Transition.
Cadre
autre
Public(s)
tous publics - famille.
Thème(s)
citoyenneté.
Mots clés
transition, initiative de transition, citoyenneté, potager, transition intérieure.
Date & durée de réalisation
2019.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Ces trois dernières années, le nombre d’initiatives de transition en Belgique francophone a été multiplié par 4, atteignant le chiffre record de 160 aujourd’hui. A la manœuvre, des citoyens et citoyennes décidé·es de « changer positivement leur lieu de vie ». Bien souvent, ce cheminement les amène à acquérir ou se découvrir toute une série de compétences. A tisser des liens. A se changer, en voulant changer le monde.

La toute première initiative étiquetée « transition » date de 2006, dans la ville de Totnes en Grande-Bretagne, sous l’impulsion du désormais célèbre Rob Hopkins. Elle a pris la forme de dizaines de projets de citoyen·nes visant notamment à diminuer leur dépendance aux énergies fossiles et à relocaliser une partie de l'économie. Depuis, elle a fait quelque 4000 rejetons répartis dans plus de 50 pays de par le monde (occidental, essentiellement). Ces initiatives de transition poussent à l’échelle d’une ville, d’un quartier ou d’une rue. En Belgique francophone, on en compte 160.

Face aux défis climatiques, et face, aussi, aux appels à organiser le monde de l’après-pétrole et autres types d’effondrements annoncés, la transition apparaît comme une alternative qui séduit une partie de la population tant elle se veut résolument positive et conviviale, ancrée dans l’action concrète et dans la créativité. Au centre du mouvement de la transition, la « résilience ». Ce concept-clé, Rob Hopkins le définit comme étant « la capacité, dans le cas des communautés humaines, de ne pas s’effondrer au premier signe d’une pénurie de pétrole ou de nourriture mais, au contraire, de réagir à ces crises en s’adaptant. »1

  • Changer, ensemble, positivement

Mu·es par l’envie commune de « réimaginer et reconstruire notre monde », les citoyens et citoyennes à la manœuvre des initiatives de transition se réunissent pour « changer positivement leur lieu de vie ». Ensemble, ces transitionneuses et transitionneurs mettent en place des actions concrètes, créatives et conviviales, visant à repenser leurs habitudes de consommation, leurs modes de déplacement, leur logement ou leur quartier…

Une démarche qui mobilise de nombreuses compétences. Qui en révèle de nouvelles aussi. Les adeptes de la transition n’hésitent d’ailleurs pas à se former, via une armada d’outils proposés, chez nous, par le Réseau Transition. Ces formations visent aussi bien à lancer une initiative de transition, à gérer un groupe, à communiquer, à sensibiliser, qu’à interroger sa propre transition « intérieure ».

  • Y prendre part les a changé·es

« Ça a complètement changé ma vie, ça a donné du sens », lance Isabelle, initiatrice et motrice de Soignies en Transition. Il y a quelques années, alors que ses enfants venaient de quitter le nid familial pour voler de leurs propres ailes, Isabelle s’est tout à coup retrouvée avec du temps disponible et l’envie de continuer à être active, autrement. « En m’investissant dans Soignies en Transition, je continue à veiller sur mes enfants et leur avenir, mais d’une autre façon », sourit-elle. Aujourd’hui, Soignies en transition jongle entre ateliers d’échange de savoir-faire autour du jardinage, du tricot et de la couture, troc de vêtements, Repair Café (où des bénévoles réparent votre PC ou votre gaufrier défectueux) ou encore ciné-débat. « J’ai rencontré plein de personnes que je ne connaissais pas auparavant, poursuit Isabelle. On est toutes et tous différent·es, mais on se rassemble autour d’un projet commun. »

« Ça porte d’être ensemble, d’être avec des gens qui vont dans la même direction », lance quant à lui Geoffrey, de Jurbise en Transition. Là-bas aussi, les actions se multiplient : donnerie, jardin collectif, cercle de transition intérieure, réseau d’échange de savoir-faire, ateliers zéro déchet... A l’image de toute initiative de transition, participe qui veut. A la manœuvre, un groupe moteur organise et se répartit les tâches. « Chacun·e participe à l’une ou plusieurs des actions, en fonction du temps disponible et de sa motivation. » Ce qui a poussé Geoffrey à prendre part à une initiative de transition ? Le besoin de devenir acteur. « Je ne voulais plus rester spectateur et juste constater que le monde n’allait pas dans la bonne direction. Moi tout seul, je n’allais pas aller loin… Je me suis dit que si des gens se bougeaient, moi aussi je pouvais le faire, me joindre à eux et contribuer à réveiller les autres. »

Marie est l’une des initiatrices de Leuze en Transition. Elle participe aux actions zéro déchet, donne un coup de main lors de la réhabilitation de sentiers, s’investit dans la boite à dons et la gratiferia (foire au gratuit). « J’ai toujours été sensible aux questions environnementales, explique-elle. Pouvoir en parler, partager, se rencontrer, ça m’a fait du bien. Et j’aime cette idée de voir les solutions plutôt que les problèmes. » Pauline a elle aussi rencontré « plein de belles personnes » autour des différents projets portés par Peruwelz en Transition. Pour elle, ce fut notamment l’occasion de découvrir des pratiques collaboratives et la gouvernance partagée. « Cette manière d’organiser et de penser un groupe, c’était quelque chose de totalement nouveau pour moi. »

Céline Teret

1 Manuel de la Transition

Sources

Magazine Symbioses n°122  : Les chemins éducatifs de la transition

pdf

ces citoyen·nes (PDF)


Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Outil(s) pédagogique(s)
Manuel de transition.

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