Jeunes en transition

Expérience réalisée par
Réseau Transition.
Cadre
scolaire et parascolaire, socio-culturel (associations: sport., cult., environ.,...), collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
jeunes.
Thème(s)
citoyenneté, environnement - généralités.
Mots clés
jeune, collaboration, débat, transition, société, citoyenneté, écocitoyenneté.
Date & durée de réalisation
2019.
Lieu de réalisation
Région Flamande (1800).

Description de l'expérience

En mars dernier (2019), le Réseau Transition organisait une rencontre « Amplifions la transition » articulée autour de trois Forums ouverts. L’un de ces Forums invitait les jeunes de 10 à 25 ans à s’exprimer, échanger, formuler leurs ressentis et leurs besoins. Un événement qui prend d’autant plus de sens à l’aune de la mobilisation des jeunes pour le climat

De larges affiches s’étalent dans une pièce de l’Université de Mons : « Si je pouvais inventer une matière à l’école… », « Ce qui me fait peur pour mon avenir… », « J’aimerais faire plus pour la planète mais… ». Tout autour, des jeunes ayant répondu à l’appel du Réseau Transition, dans le cadre de Transition Now, un processus de convergence des actions autour de la transition (plus d’infos sur www.transitionnow.be ). Aujourd’hui, ces jeunes se demandent comment « amplifier la transition ». Dans une autre salle, des adultes pratiquent le même exercice, également via des méthodes d’intelligence collective.

Mots et phrases viennent se déposer sur les affiches au fil de la matinée. Ainsi, la méditation, l’écologie, l’apiculture, les bêtises et la rigolade figurent parmi les cours inventés. La déforestation, le manque de solidarité, le climat et la surpopulation font partie des peurs exprimées. Et parmi les freins à l’engagement partagés par ces jeunes : le peu de soutien de l’entourage, le manque de temps, le sentiment de découragement…

En fin de matinée, tous·tes les jeunes se retrouvent au centre de la pièce pour partager leurs ressentis. Certain·es ont 10 ou 11 ans, d’autres passé la vingtaine. De toutes parts, les mots se libèrent et sont accueillis, dans l’écoute active et avec bienveillance.
« Moi, je lis beaucoup, je m’informe, explique une jeune fille du haut de ses 12 ans. Je voudrais que l’école ait comme responsabilité de nous apprendre la vie, notre passé et vers où on va. » Son voisin de gauche enchaîne : « Pour moi, la transition, c’est changer son mode de vie et faire plein de petites choses qui font que, de plus en plus, on va respecter l’environnement jusqu’à quasiment plus s’en rendre compte. » « Changer son mode de vie au quotidien, mais aussi changer les grandes structures de notre monde, embraye une ado plus âgée. Individuellement, on ne sait pas faire grand chose. Il faut trouver les moyens pour leur dire stop. C’est très compliqué, c’est urgent et j’ai très peur. » La peur, la tristesse et la colère aussi, sont palpables jusque dans la fresque de clôture dessinée par ces jeunes : une planète qui fond, une Terre qui pleure, et un slogan « Il faut aider la planète ». Les sentiments positifs ont, fort heureusement, leur place aussi : « La joie de trouver des solutions, d’être ensemble, d’être solidaire, d’apprendre… », explique l’une des participantes.

  • D’une génération à l’autre

Sur l’heure du midi, Hélène, 22 ans, grignote aux côtés des plus jeunes. « Je suis épatée par les connaissances et la prise de conscience des enfants, partage-t-elle. Moi, je suis ici parce que les questions liées à la transition m’intéressent. Je viens prendre la température, récolter des points de vue de partout. Je me demande comment engager et conscientiser les gens. Je suis moi-même active dans un cercle étudiant qui met en place un potager. Mettre les mains à la terre permet de faire des liens avec l’agriculture, l’alimentation et les questions environnementales. »

Dans l’après-midi, les plus âgé·es des jeunes décident de s’inviter dans les échanges des adultes. Autour de la table ronde
« Education », les parents en transition s’interrogent :  « Comment transmettre espoir et compétences à nos enfants ? Comment les préparer aux changements à venir ? » On y parle d’éducation bienveillante, de faire figure d’exemple, de semer des graines... L’école y passe aussi, inévitablement. « C’est plus qu’un problème d’école, lance une participante, c’est un problème de société. Les gens oublient qu’il faut faire société, se parler. » Marie, jeune Lilloise de 17 ans, se lance : « ça passe aussi beaucoup par l’information. En tant que parents, c’est important que vous ameniez des propositions. Il existe d’autres solutions, des alternatives, dont vous pouvez être les acteurs. Faire soi-même, ça ouvre beaucoup de portes. Sur Lille, avec d’autres jeunes, on vient de créer Youth for Climate. On est dans l’acceptation de ce qu’on va devoir vivre. Et, surtout, on est dans l’action, on fait des choses concrètes. » Au fil des discussions, la « surabondance de confort » s’invite dans les échanges. Celle des adultes, celle des enfants aussi. « Le smartphone, par exemple, ça rend vraiment paresseux », lance une adulte. Marie rétorque : « C’est un outil super utile pour s’informer et pour s’organiser ! ça amène d’autres compétences. » Comme pour rappeler que préparer les jeunes au monde de demain, c’est aussi et surtout être à leur écoute et dépasser le choc des générations.

Céline Teret

Sources

Magazine Symbioses n°122 : Les chemins éducatifs de la Transition

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
Contact : Réseau Transition - www.reseautransition.be

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