Le cinéma, un laboratoire de l'effondrement (activité)

Expérience réalisée par
PointCulture - Service éducatif (A.S.B.L.).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
jeunes.
Thème(s)
climat, environnement - généralités.
Mots clés
art, effondrement, animation, film, climat.
Date & durée de réalisation
2020.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1000).

Description de l'expérience

Si les films reflètent les idées et les préoccupations d'une époque, ils colonisent aussi activement et fortement nos imaginaires. Un travail d’analyse est donc pertinent pour aborder les notions  d’effondrement et de récits. PointCulture partage ici quelques étapes d’un voyage proposé aux écoles et autres lieux éducatifs.

Il est primordial de toujours bien définir son intention pour choisir un film ou un extrait. Les objectifs peuvent être d'apporter des informations, d'illustrer une situation ou d'inviter à la réflexion. Le film trouvera bien sa place dans un cours d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC), de sciences humaines ou de sciences. En fonction de l’objectif poursuivi, on peut : reprendre et analyser un fait scientifique ; travailler sur les représentations et l'imaginaire en se projetant dans la situation, en imaginant une alternative à un comportement ou un dialogue ; organiser un débat mouvant ; etc.

  • Échanger

Le cinéma est un laboratoire pour le réalisateur - Que se passe-t-il dans un monde privé d'énergie ou aux prises avec un virus ? - mais aussi pour le spectateur qui peut se confronter à une proposition, se situer par rapport à elle, développer l'esprit critique et la créativité. S'exprimer sur ce qu'on a ressenti et compris par rapport à un film permet d'accueillir, nommer, partager et situer ses émotions et son interprétation des faits au sein d'un groupe. Cet exercice peut soutenir et accompagner les émotions, comme la peur, qui pourraient paralyser tant l'action que la réflexion. Il peut aussi inspirer l’action.

L’enseignant·e peut par exemple poser ces questions : Qu’est-ce qui cause l’effondrement dans le film ? Serait-ce possible dans nos sociétés ? Pourquoi ? Comment réagissent les politiques et les citoyen·nes ? En quoi vous retrouvez-vous dans un des personnages ? Dans une séquence pédagogique, il est tout à fait pertinent de n'utiliser que des extraits mais il est important pour l'animateur ou l’enseignante d'avoir regardé le film en entier pour bien saisir le contenu d'un extrait et s'en approprier le sens. On peut aussi montrer le film en entier. La discussion sera alors plus ouverte, les spectateurs rebondissant sur des choses différentes et s’exprimant davantage sur leurs émotions.

  • Les causes et les effets

Les films cités ci-dessous sont plus adaptés au secondaire et aux adultes.

Le cinéma a bien identifié une série de causes qui pourraient anéantir notre civilisation, voire l'humanité. Celles-ci sont parfois environnementales (Deluge, The Day After) mais surtout d’origine humaine : guerre (Equilibrium), énergie nucléaire (The Omega Man), épidémies (12 Monkeys), intelligence artificielle sous différentes formes (Terminator, Numéro 9), pollutions diverses (Dreams, Les Derniers jours du monde), ainsi que le recours aux solutions technologiques (Taxandria, Snowpiercer). Souvent ces motifs sont brièvement exposés dès le début du film, l'argument du film étant plutôt focalisé sur le monde d'après. La cause de l’effondrement apparaît comme un point de bascule, un événement brutal et limité dans le temps.

Le cinéma s'est plus largement attardé sur l'après catastrophe. Il fournit une longue liste de films dits « post-apocalyptiques » où règnent la violence et la précarité matérielle. Ce qui est captivant ici, c'est de remarquer certaines constantes dans les présupposés : l'humain est fondamentalement égoïste et compétiteur (Mad Max, In Time) ; nous avançons sur une ligne, sans la possibilité de poursuivre notre trajectoire fondée sur le développement technologique, nous nous effondrerons (L'arbre, le maire et la médiathèque) ; les groupes qui survivent dans le confort le font grâce à d’extrêmes inégalités sociales (Downsizing, Elysium).

On peut aussi s'intéresser à certains points plus particuliers comme la place des enfants (Snowpiercer), ou des femmes (Deluge), le sort des personnes racisées (The World, The Flesh and The Devil), l’attachement au livre (The Time Machine), la critique du progrès (Things to Come) ou encore la place des émotions. Plusieurs films montrent en effet comment les survivant·es manquent cruellement d'outils et d'espaces pour que la parole émerge, pour pouvoir « se raconter » et pour que les émotions soient accueillies (Le Temps du loup, Malevil). Le cinéma met par ailleurs en exergue l’idéal d'un humain du futur qui est débarrassé de ses émotions, considérées comme dangereuses (Equilibrium) ou appartenant au passé (La Jetée).

La liste est longue. Choisir et analyser un film de fiction n'est pas toujours simple, mais PointCulture est là pour vous aider. Alors, on se fait une séance.

Frédérique Müller, PointCulture

Sources

Magazine Symbioses 127: "Comment parler d'effondrement?" à télécharger gratuitement ici

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

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