« Maison Renard » vous vend une vie confinée

Expérience réalisée par
ZOE (asbl).
Cadre
scolaire et parascolaire, socio-culturel (associations: sport., cult., environ.,...), collectivites (homes, ateliers proteges, hopitaux, habitats,...).
Public(s)
jeunes, adultes.
Thème(s)
art, environnement - généralités.
Mots clés
effondrement, spectacle, théâtre, jeune, adulte.
Date & durée de réalisation
2020.
Lieu de réalisation
(0).

Description de l'expérience

Le confinement, c’est LA solution face à la fin du monde. C’est en tout cas la promesse de Maison Renard, un spectacle entièrement réalisé avec des données issues du monde scientifique. Tout était prévu, bien avant le Covid. Pour passer de l’angoisse au rire, de la réflexion à l’action.

Bertrand Renard vend des BAD, des « bases autonomes durables ». Debout sur un tas de terre, baudrier à la ceinture, l’agent immobilier nous emmène pour une visite guidée : « C’est un abri souterrain fortifié dans lequel votre famille, votre quartier, voire toute une ville, peut survivre paisiblement et durablement en attendant la fin des effets d’une explosion nucléaire, ou d’une pandémie, ou d’un tsunami géant, ou d’un épisode glaciaire, ou - soyons fous - d’une attaque de zombies, ou, ou, ou… la liste des catastrophes est infinie. » Bertrand Renard en est convaincu, la fin du monde, c’est pour demain. Tout sourire, il nous vend son arche de Noé, pour nous sauver des désastres environnementaux, « si nous en avons les moyens ». Son slogan : « Préparons-nous au pire et espérons le meilleur. »

Bertrand Renard est l’unique personnage du spectacle Maison Renard, conçu et brillamment interprété par Alexandre Dewez, pour l’asbl ZOE, en coproduction avec la Cie Victor B et le Théâtre de Namur. « A l’origine, le but n’était pas de parler d’effondrement, mais plutôt des cycles de la vie sur Terre et de l’angoisse face à la catastrophe. Et, plus particulièrement, d’une des réponses face à cette angoisse, qui est la réponse survivaliste. C’est un mouvement étrange, qui à la fois nous fait rire et nous interpelle, dans lequel on rencontre aussi bien des écolos que des gens d’extrême droite », explique l’artiste.

  • Des larmes au rire

L’effondrement, il en parle donc, mais sans prononcer le mot. Trop fourre-tout, trop anxiogène. Pour parler des catastrophes et de nos façons d’y faire face, Alexandre préfère le rire. Cynique. Le spectacle, décapant, part de données scientifiques et nous invite à voyager à travers nos émotions, pour sortir du piège de la peur.

« Si je ris de cette catastrophe, c’est pour la dénoncer et m’en moquer. J’essaie de montrer aux spectateurs qu’on peut utiliser ses émotions, ses angoisses, pour rebondir et se mobiliser. »

D’ailleurs, pour clore la représentation, Maison Renard reçoit systématiquement des personnes ressources travaillant sur les questions d’écologie politique et sociale, afin de discuter avec le public des thématiques abordées dans le spectacle, et de proposer des pistes d’actions concrètes. Un échange indispensable. « Cela permet de partir de l’individu pour aller vers le collectif, de trouver enfin d’autres personnes avec qui parler à la fois des catastrophes, des émotions ressenties et des moyens d’en sortir. » Pour ne pas toutes et tous finir dans des BAD. « Nous sortons du débat un peu plus convaincus de nos capacités de résilience. Des catastrophes, il y en a toujours eu. Malgré tout, malgré nous, la vie peut continuer », constate l’artiste.

En imaginant Maison Renard, dont la tournée a redémarré début 2020, Alexandre Dewez n’imaginait pas qu’il serait si vite rattrapé par la réalité. Certes, des BAD, il s’en vendait déjà dans le monde des survivalistes, de la Suisse aux Etats-Unis. On connaissait aussi les « Gated Communities », ces quartiers luxueux et emmurés, réservés aux riches désireux de se protéger de l’extérieur. Mais depuis la crise du Covid-19, nos maisons ou nos appartements sont eux-mêmes devenus des BAD, le temps du confinement. Un confinement très inégalitaire, en fonction de son statut et de ses moyens économiques.

  • Utilité publique et pédagogique

Le spectacle - reconnu d’utilité publique par la COCOF* - s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux jeunes, dès 14 ans. Il recèle un haut potentiel d’exploitation pédagogique. Il a d’ailleurs déjà été apprécié par de nombreuses classes. « C’est très intéressant car ça amène à parler de politique avec des ados ». Avec l’aide de l’asbl ZOE et de ses partenaires, la représentation peut être prolongée par une animation, un jeu de rôle, un atelier d’écriture, autour des thématiques abordées dans le spectacle : crises sanitaires, crises environnementales, fin du monde et fin du mois, catastro-phisme, mobilisations des jeunes, dérives sécuritaires... Un dossier d’accompagnement pédagogique est en cours de rédaction. Il tournera autour des émotions, de l’effondrement et de l’engagement citoyen. 

Plus encore qu’hier, Maison Renard est essentiel. Pour analyser la période que nous venons de traverser, et celles à venir. Pour dénoncer la marchandisation de la catastrophe. Pour rire de nos comportements insensés. Pour questionner les choix politiques. Pour nous rappeler nos capacités de résilience. Pour nous avertir du risque de repli sur soi. Pour nous aider à nous engager.

Christophe Dubois

* Grâce à ce label, valable pour 2020, les théâtres, écoles et associations peuvent accueillir gratuitement le spectacle Maison Renard sur le territoire bruxellois.

Sources

Magazine Symbioses 127: Comment parler d'effondrement? à télécharger ici gratuitement

Indicateurs

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos

Infos : 0491 63 64 14 - info@zoe-asbl.be  - www.zoe-asbl.be/maisonrenard


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