L'eau, entre culture et nature

Expérience réalisée par
Athénée Royal Serge Creuz (Etabl. scolaire).
Cadre
scolaire et parascolaire
Public(s)
enfants (maternelle/primaire).
Thème(s)
art, eau.
Mots clés
culture, éco-consommation, eau, social, art.
Date & durée de réalisation
2006.
Lieu de réalisation
Région Bruxelloise (1080).

Description de l'expérience

Créer une exposition. Voilà le point de départ d’un projet interculturel mené durant toute une année scolaire, de la 1e à la 6e, à l’Athénée Royal Serge Creuz, à Molenbeek. Une pluie d’idées et réalisations, mêlant environnement et social, cultures et nature, sciences et art.

« Lorsque nous choisissons un projet d’année, nous choisissons une thématique assez large pour qu’elle puisse toucher toutes les matières et entrer dans le programme », explique Rudy Babuder, directeur de l’Athénée Royal Serge Creuz, implantation du Sippelberg, à Molenbeek. Du coup, lorsqu’est venue l’idée de réaliser une expo « eau » en fin d’année, tous les enseignants s’y sont plongés. Même ceux de l’implantation voisine, La Prospérité. Soit une cinquantaine d’instituteurs/trices, pour près de 600 élèves. Car l’eau, c’est le thème intarissable par excellence.

Dès le mois de septembre 2006, le projet lâche les amarres, autour de trois axes : l'eau dans l'art ; le cycle de l'eau (au sens large) ; l'eau dans la vie de tous les jours. Pour en faciliter la coordination tout au long de l'année scolaire, plusieurs « enseignants-ressources » en assurent le suivi. Bénévolement, à raison d'une heure par semaine, ils répondent aux demandes ponctuelles, recherchent les adresses utiles, la documentation au sens large et centralisent le tout dans une « bibliEAUthèque » à l’attention des élèves et enseignants..

  • Des cours d’eau
Aux différents cycles, diverses activités ont apporté de l’eau au moulin. Tous les enseignants ont trouvé matière à exploiter, de la 1e à la 6e, du cours de français au cours de math (lire encadré « Pistes d’exploitation »). « Le thème de l’eau est repris à de nombreux endroits dans les programmes, confirme le directeur, il offre également de nombreuses situations-problèmes. »

Monsieur Demmarh, prof de « Langue et culture d’origine » à La Prospérité, ne le contredira pas. Dans cette école en discrimination positive, composée de 60 nationalités, immergée dans un quartier populaire et bétonné de Molenbeek, l’enseignant a pris le pari de partir de l’eau pour encourager le dialogue des cultures. Entre tous les enfants, les enseignants et les parents. « L’eau est probablement la seule ressource naturelle qui a une incidence sur chaque aspect de la civilisation, du développement agricole et industriel aux valeurs culturelles et religieuses ancrées dans la société. La manière dont l’eau est envisagée, valorisée et gérée dépend beaucoup de la culture », explique-t-il dans « Les Nouvelles de l’Observatoire » (1).

  • Motiver, évaluer…

Recherches, échanges, propositions de mesures lors du Parlement des Jeunes Bruxellois pour l’Eau organisé par Green, réalisations de maquettes et panneaux pour l’exposition de fin d’année… Pour M. Demmarh, « tout cela a aidé les élèves à participer à la gestion des ressources en eau à l’échelle locale, et à la recherche de solutions à l’échelle globale ; à développer et proposer des projets et des méthodes qui leur permettent de se questionner, se mettre en recherche, s’engager » (1). Tout bon pour l’assimilation de nombreux savoirs, savoirs-être, savoirs-faire. Le pari était audacieux avec des enfants dont beaucoup ne sont pas d’expression française, la satisfaction au lendemain de l’exposition fut d’autant plus grande. « Certains élèves ne se rendaient pas compte de la réalité de leur pays d’origine, ils l’ont ainsi redécouvert, avec ses inégalités. Ils étaient d’autant plus enthousiastes », confirme Rudy Babuder. Même si, tempère-t-il, il faut souvent remotiver en milieu d’année, car comme toute vie de projet, cela fonctionne par vague : après un temps l’essoufflement se fait nécessairement sentir.

Et l’exposition ? « Un vrai succès qui a permis de mettre côte à côte les réalisations des différentes classes, ce qui donne une autre dimension, une vision globale, favorise la partage d’expériences et l’échange de points de vue entre tous les acteurs de l’école : enseignants, élèves et parents ». Deux autres écoles ont même demandé à l’Athénée Royal Serge Creuz de leur envoyer leurs fiches, pour s’inspirer du projet. Les petits ruisseaux font les grandes rivières…

Christophe Dubois

Avis & Conseils pédagogiques

  • Ressources extérieures


Pour outiller les enseignants, l’eau a fait l’objet d’une formation micro, avec Cap Sciences. « Deux personnes sont venues nous montrer des expériences ludiques et intéressantes, directement transférables aux enfants, explique Rudy Babuder, et avec quasi rien : une assiette, du poivre, de l’eau, de l’huile… ». Sans oublier une collaboration avec l’association Eco-culture pour préparer deux pièces théâtrales avec les 5e. Ou encore la venue d’une conteuse pour les 3e et 4e.

Des visites sur le terrain, riche source d’exploitation, ont également apporté du concret. Pour les grands : le canal et son activité économique à Bruxelles, les musées de l’eau à Genval et de l’Amusette à Mons, Earth Explorer Tsunami à Ostende (catastrophes). La caserne de pompiers, les statues de glace à Bruges et le Sea Life Marine Park à Blankenberg pour les plus jeunes. Mais pour le directeur, « s’il est toujours intéressant de sortir des murs de l’école, le coût des transports reste néanmoins un frein. Même à Bruxelles, où les transports en commun sont normalement gratuits pour les enfants. Mais pas pour les enfants de réfugiés « sans papiers », qui sont nombreux dans notre école. Ce n’est pas normal ! ».
Pistes d’exploitation

Tout au long de l’année, les cours classiques se sont fréquemment mus en cours d’eau. À titre d'exemples (1) :
  • la rédaction de panneaux explicatifs, la préparation d'une représentation théâtrale, la composition d'un livret de poésies, la construction d'un électro (?) ont investi des compétences en français ;
  • la réalisation de maquettes (mare, cycle de l'eau, maison), des constructions en volumes (baignoire, douche, etc.), des expériences diverses (états de la matière, flotte ou coule, etc.), les études de consommation d'eau, et les montages pour les illustrer, ont englobé des connaissances en mathématiques et en éveil scientifique ;
  • le thème « Eau, autrefois Bruxelles » et l'exploration de la commune de Molenbeek ont suscité des recherches en éveil historique et géographique ;
  • la rédaction de contes, la recherche d'expressions ont été exploitées en néerlandais ;
  • les notions d'équilibre — éducation physique — ont été travaillées sur une planche à voile lors de la semaine d'exposition ;

 

Sources

Magazine Symbioses spécial primaire

pdf

symbioses primaire (PDF)


Subsidié par

Ressources propres

Indicateurs

Nombre de personnes concernées : 600
Ettendue géographique de l'action :
local

Autres informations liées à cette expérience :

Plus d'infos
www.sergecreuz.be
Partenaire(s)
Cap Sciences, eco-culture.

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