Des cartes du jeu Dixit (4) ou un autre photolangage.
Selon une étude récente menée par des chercheuses et chercheurs de l’ULB, l’écoanxiété touche 2 à 3 jeunes par classe (1).
Ce constat autour de la santé mentale des jeunes a de quoi inquiéter. En tant qu’acteur éducatif, on peut dès lors trouver important de créer des espaces pour exprimer les émotions face à l’actualité et questionner les récits sur l’état du monde auxquels ils et elles sont exposé·es.
Les écoanxiétés (ou écoémotions (2)) peuvent être vues comme des réactions émotionnelles et psychiques mais aussi comme des symptômes qui nous parlent de notre société, de l’environnement et des liens entre les individus et le collectif. Pour le GIEC, l’écoanxiété est une « anxiété associée aux conséquences actuelles et futures du changement climatique, du manque d’action à son égard, et à l’incertitude quant aux conséquences anticipées » (3).
L’activité proposée ici part des représentations des écoanxiétés, afin de mettre en place des stratégies pour les apaiser et de trouver des leviers pour se mettre en action.
Activité adaptée du dossier pédagogique Quelle éducation face aux enjeux climatiques ? (Fiche 25), éd. Empreintes, 2024.
Les cartes sont étalées de manière visible sur une grande table.
1. « Choisissez individuellement une carte qui évoque pour vous le mot écoanxiété. » Si les participant·es ne connaissent pas ce terme, le leur expliquer en vous basant sur la définition ci-dessus. (Moment en silence, pour garantir la dimension individuelle de l’exercice)
2. En duo, partager sur ce que les cartes évoquent et provoquent comme idées, comme images, comme émotions et en quoi elles peuvent être liées à la thématique de l’écoanxiété.
L’écoanxiété est un mot-valise utilisé pour parler de réalités très contrastées. Les images sont donc un support très utile pour aider les participant·es à identifier et à mettre en mots les vécus, les sensations, les réalités que les jeunes associent à l’écoanxiété. L’usage d’images et de l’imaginaire permet à celles et ceux qui en ont besoin de mettre un peu de distance avec leurs propres émotions et leur vécu de la réalité environnementale actuelle. La formule par deux permet de s’exprimer plus facilement qu’au sein d’un grand groupe.
3. Sur base des cartes choisies et de cet échange, imaginer à deux les prémisses d’une histoire (réaliste ou imaginaire) qui a pour thème l’écoanxiété. Cela constituera le pitch (courte accroche qui dit en max 2 minutes de quoi ça parle et donne envie d'en savoir plus) d’un film, d’un roman, d’une BD, d’une série... Essayer d’y insérer des pistes de solutions aux éco-anxiétés (comment vos personnages trouvent des réponses pour faire face à ces émotions ? Quelle(s) action(s) mettent-ils en place ?). Chaque duo devra ensuite présenter son pitch devant le groupe.
Cet exercice donne à voir les différents imaginaires qui coexistent autour des écoanxiétés mais aussi la pluralité de ce qui est perçu comme facteurs d’anxiétés et les solutions que nous esquissons au sein même de nos récits.
4. Partager avec l’ensemble du groupe : « Vous devez présenter votre projet à un·e éditeur·rice ou un·e producteur·rice. Décrivez en quelques lignes votre histoire (pitch). Précisez votre public-cible ».
5. Débriefer et questionner le groupe :
Les moments 4 et 5 permettent de faire des liens entre le contexte social et l’écoanxiété. Ils visent à faire émerger avec le groupe les lectures plurielles du terme.
Fiche d’activité rédigée par Ecotopie
(1) Mouton, B., Van Petegem, S. & DeSmet, A. (2025). Eco-émois : étude exploratoire sur l’éco-anxiété chez l’enfant et l’adolescent en Belgique francophone, Fonds Houtman (ONE).
(2) Selon Bénédicte Mouton, le terme « éco-anxiété » reste réducteur. « Nous avons préféré parler d’éco-émotions, car d’autres sentiments émergent également, comme la colère, l’impuissance ou la tristesse. » (ULB, 2025)
(3) Clayton, S., Climate anxiety : Psychological responses to climate change, Journal of Anxiety Disorders, Volume 74, 2020.
(4) Dixit est un jeu créé en 2008 par Jean-Louis Roubira.