La guerre des métaux rares

La face cachée de la transition énergétique et numérique

Auteur(s)
Guillaume Pitron (texte).
Éditeur
Les Liens qui Libèrent (LLL).
Date et lieu d'édition
2018 -
Prix indicatif
20€
Approche
infos / conseils.
Support
Thème(s)
sol et sous-sol, énergie.
Mots clés
sol, sous-sol, ressources minières, minerai, métaux rares, mine, métal, économie, énergie, énergie renouvelable, TIC, numérique, terre rare, technologie, pollution, géopolitique, transition énergétique.
Public(s)
adultes.

Présentation :

Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique... Politiques, médias, industriels nous promettent en choeur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d'enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu'il n'en est rien!

En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance: celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.

Dès lors, c'est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte - le récit clandestin d'une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d'une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu'à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu'elle s'était donné pour mission de résoudre.

Avis et conseil d'utilisation :

L'APERe (association de promotion de sénergies renouvelables) a publié un article intéressant sur la question, mettant en avant la nécessité de réduire et de remplacer l’usage de terres rares dans les nombreuses applications courantes. Ce qui est déjà possible pour l'éolien et la mobilité électrique, comme l'explique l'article, devrait aussi être développé dans d'autres secteurs comme les smartphones. Par ailleurs, des législations environnementales très strictes devraient être mises en place dans les pays où ont lieu l’extraction de terres rares, afin de protéger les sols, l’eau et la santé humaine.

Voici, en outre, l'avis, très complet, d'un lecteur de l'ouvrage La guerre des métaux rares: "(...) Le doute s’installe lourdement sur l’alternative la plus largement répandue, promotionnée et acceptée : la double révolution en cours du numérique et des énergies renouvelables ! Le journaliste Guillaume Pitron, dans son essai, ne nous épargne rien.

C’est que l’amont de cette double révolution qui investit aussi bien l’industrie que l’agriculture, les services que la culture et l’enseignement, la médecine que nos maisons et nos moyens de déplacement, est fondée sur l’exploitation de ressources très particulières regroupés sous le terme générique de « métaux rares » et de « terres rares ». Ils sont partout : portables, appareils photos, tablettes, smartphones, domotique, voitures électriques, cellules photovoltaïques ! Ils sont indispensables à toute l’industrie du numérique, fondent les grands empires modernes, font et défont les cours de bourse tout en équipant les systèmes d’armement. Antimoine, béryllium, cobalt, spath fluor, germanium, niobium, tantale, néodyme, terbium, etc… En tout plusieurs dizaines de métaux et terres dont les stocks limités sont très mal répartis géographiquement.

Leur sac à dos écologique est gigantesque. Il faut remuer 1 tonne de terre et de roches pour extraire 7g de platine et 16 T. pour produire 1 kg de cérium. G. Pitron nous montre combien les technologies nées autour des métaux rares ont une empreinte carbone qui fait douter des discours optimistes et dithyrambiques prononcés à leur propos. Non, elles ne sont même pas une réponse aux changements climatiques.

Le livre est truffé d’informations de première main et de chiffres éloquents. Il décrit les situations insoutenables vécues par les populations qui ont le malheur de vivre dans les régions riches en métaux lourds. Catastrophes écologiques, sociales et économiques notamment en Chine et aux Etats-Unis.

L’insouciance dans laquelle nous vivons – nous annonce l’auteur - durera encore 10, 15 ou 20 ans peut-être. Guère plus car derrière ce désastre annoncé s’en cache un autre qui: la guerre que se livrent les puissances économiques et leurs entreprises assoiffées de métaux rares est déjà perdue pour l’Occident. La Chine est parvenue à faire main basse sur la plupart des ressources et est déjà en capacité de tarir le marché ou d’imposer son prix et ses technologies. Elle a pu profiter du NIMBY qui dans nos pays a quasi interdit aux gouvernements d’autoriser l’exploitation des ressources disponibles chez nous. Toute mine est une mauvaise mine, n’est-il pas…

Il faut lire G. Pitron pour comprendre toute la complexité d’une situation mondiale explosive. Trop souvent, nous n’avons qu’une image partielle basée sur l’exemple du coltan en Afrique de l’est où se mêlent travail des enfants, mafias, trafiquants, assassinats politiques, régimes dictatoriaux et presse muselée. L’arbre qui cache la forêt.

Il faut le lire aussi pour avoir le courage de revoir nos certitudes et nos choix d’utilisateurs des TICs et de promoteurs des énergies renouvelables. Il faut se préparer aux chocs relatifs à la pénurie – organisée ou irréversible - des métaux rares.

L’avenir, pour nous qui sommes en charge de la formation, de la sensibilisation et de l’éducation à l’environnement et au développement durable est plus que jamais dans l’urgence d’aider nos contemporains à comprendre comment fonctionne réellement le monde et le mur dans lequel nous foncerons tant que nous pensons que les technologies de la transition nous écartent du véritable défi qui nous attend : réduire les consommations et l’exploitation des ressources limitées de la planète, nous engager dans leur recyclage, en finir avec l’obsolescence programmée, nous débarrasser de l’aveuglement dans lequel nous attire sans cesse la voix de la publicité et de la technocratie.

Si Guillaume Pitron ne s’engage pas très loin dans les voies de l’alternative c’est sans doute parce qu’il mesure l’énormité de ce qu’il nous révèle.

Peut-être l’essentiel réside-t-il d’ailleurs dans les efforts à consentir pour construire une vision humaine commune, multilatérale, associant toutes les cultures et même les générations futures en vue d’un usage durable juste et pacifique de notre patrie commune. Mais ça, c’est une toute autre histoire." (Jean-Michel Lex)

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