Abordons un autre regard sur la biodiversité, celui de sa préservation et sa restauration, comme choix de société.
La biodiversité et la crise qui l’affecte actuellement nous interrogent sur notre rapport au monde, sur la marchandisation du vivant, sur nos modes de vie et de consommation.
La biodiversité est un objet de débat sociétal et par là même un objet politique.
Aujourd’hui au cœur de nombreux débats dans différentes instances nationales et internationales, la préservation et la restauration de la biodiversité nous concerne toutes et tous car son appauvrissement a un impact direct sur nos vies, même si certain·es ne le ressentent pas encore.
Au niveau national, la Belgique s’était dotée d’une Stratégie nationale pour la Diversité Biologique 2020, suite aux Objectifs d’Aïchi fixés au niveau international. Ce document fut le premier qui soit d’application au niveau national et régional. À noter que, tant au niveau belge qu’international, aucun des Objectifs d’Aïchi n’a été rempli.
Suite à la COP151 sur la biodiversité qui s’est tenue à Montréal en décembre 2022, un nouveau Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal 2022-2030 a défini de nouveaux objectifs mondiaux pour 2030. Ceux-ci ont pour but de stopper et d’inverser le déclin de la biodiversité afin de « vivre en harmonie avec la nature d’ici 2050 ». L’un des objectifs principaux vise à protéger et à restaurer au moins 30% en superficie des écosystèmes terrestres et marins.
La Belgique doit maintenant adapter sa stratégie nationale à ces nouveaux objectifs mondiaux ainsi qu’à la Stratégie européenne 2030 pour la biodiversité, et se doter d’un plan de financement associé. Financement dont on sait qu’il est actuellement insuffisant pour atteindre les objectifs fixés2. En Wallonie, c’est la Stratégie Biodiversité 360° qui va fixer les objectifs à l’horizon 2030 en ce qui concerne les matières régionalisées.
Image: COP15 UN Biodiversity. Crédit : Julian Haber
Références:
1 Une COP est une Conférence des Parties (Conference Of Parties) regroupant les états sur des questions telles que la biodiversité ou le climat.
2 Voir le rapport Une nature qui vaut de l’or du WWF (2023)
Les communes sont aussi des acteurs locaux incontournables afin de maintenir, développer et restaurer la biodiversité à l'échelle de leur territoire. Elles sont un maillon essentiel pour mettre en œuvre les politiques nationales et régionales de protection et de restauration sur le territoire public. Elles ont également la capacité de mobiliser les citoyen·nes par la mise en place d’actions locales.
Afin de soutenir les communes dans leurs actions, la Région wallonne offre la possibilité à chaque commune de bénéficier de la subvention « BiodiverCité ».
Références:
1 Une COP est une Conférence des Parties (Conference Of Parties) regroupant les états sur des questions telles que la biodiversité ou le climat.
2 Voir le rapport Une nature qui vaut de l’or du WWF (2023)
Au niveau législatif, de nombreuses avancées ont eu lieu ces dernières années en matière de conservation de l’environnement.
En 2021, l'Assemblée générale des Nations Unies a reconnu que chacun·ne, où qu’il ou elle soit, a le droit de vivre dans un environnement propre, sain et durable. Cela signifie que chaque citoyen·ne peut maintenant invoquer ce droit devant les tribunaux (ce qu’a notamment fait l’Affaire Climat). Même si ce n’est pas une décision juridiquement contraignante, elle a une valeur symbolique forte. Une approche fondée sur le droit vise ainsi à protéger les populations les plus vulnérables et les plus défavorisées et à inciter les décideurs et décideuses à prendre leurs responsabilités.
En Belgique, le premier code forestier wallon a été mis en place en 1854 et n’a été modifié que récemment, en 2008, pour davantage prendre en compte la biodiversité et les enjeux climatiques actuels. Depuis 1973, une loi de conservation de la nature existe également1.
Par ailleurs, dans plusieurs endroits du monde, des personnalités juridiques et morales ont été attribuées à des éléments naturels : les droits de la « Terre Mère » en Bolivie depuis 2010, l’inscription de droits conférés à la nature dans la constitution équatorienne depuis 2008, les droits du parc national de Te Urewera et du fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande, ceux du Gange en Inde, du lac Erié aux États-Unis, ou encore de la rivière du Magpie au Québec.
Il existe encore d’autres outils législatifs pour la protection de la nature et de la biodiversité en Wallonie. Vous pouvez les trouver sur le portail Biodiversité de la région.
Références:
1 Pour en savoir plus : https://cercles-naturalistes.be/50-ans-loi-conservation-de-la-nature/
Image: Lucie Sauvé
Mais la politique ne concerne pas uniquement les décideurs et décideuses (que nous élisons pour certain·es) mais aussi chacun·e d’entre nous. En effet, nous avons notre mot à dire sur ce qui se passe en matière de conservation de la biodiversité, surtout à un niveau local où nous pouvons avoir de l’influence. C’est aussi ce que vise l’Éducation Relative à l’Environnement (ErE) : développer l’écocitoyenneté en stimulant la participation citoyenne, la collaboration, l’analyse critique de la nature et de l’organisation sociale et politique. D’après Lucie Sauvé (Enseignante - chercheuse en ErE au Québec), « l’éducation relative à l’environnement vise à révéler comment le monde fonctionne et comment il pourrait changer : elle suppose un examen critique des processus économiques et politiques qui déterminent l’utilisation sociale de la nature au sein des sociétés différentes mais interreliées »1.
En s’impliquant en tant que citoyen·ne au niveau local ou régional, que ce soit dans un GAL (Groupement d’Action Locale), une CCATM (Commissions consultatives communales d'aménagement du territoire et de mobilité), au travers d’associations locales de protection de la nature ou de mouvements activistes, nous pouvons agir et participer à des décisions qui nous concernent car elles traitent de l’avenir de notre vie sur Terre.
Références:
1 Lucie Sauvé, Pour une éducation relative à l’environnement, p.10 - Guérin, Montréal 1997
Un jeu de rôle de 10 à 20 personnes, pour prendre conscience de la diversité des acteurs et des enjeux liés à une thématique sur un territoire, de minimum 1h.
éd. La Banque des Territoires, 2023.
Un grand classique de l’animation qui invite les participant·es à prendre position est le débat mouvant ou le « jeu des controverses » comme certain·es l’appellent.
Cette activité s’articule autour d’affirmations énoncées par l’animateur ou l’animatrice sur lesquelles les participant·es doivent se positionner (dans l’espace) selon un degré d’accord ou de désaccord, pour ensuite exprimer leurs arguments.
À charge de l’animateur ou animatrice de choisir des questions adéquates en lien avec les enjeux de la biodiversité. Cette fiche d’activité vous en propose déjà quelques-unes pour vous guider.
éd. Office Français de la Biodiversité, 2021.
Pour mieux comprendre les enjeux mondiaux liés à la conservation de la biodiversité, quoi de mieux que de s’immiscer dans la peau des décideurs et décideuses ? C’est ce que propose cet outil créé à l’occasion du congrès international de l’IUCN à Marseille et de la COP 15 à Kunming en 2021. Initialement destiné à un public scolaire du secondaire avec une méthodologie bien détaillée, il peut tout à fait s’adapter pour un public d’adultes.
Ainsi, vous pourrez aborder la complexité des décisions à prendre en matière de biodiversité et les compromis nécessaires entre les différents acteurs internationaux ayant chacun leurs propres objectifs. Un outil qui invite à la négociation et au dialogue.
éd. Je donne vie à ma planète.
Ce jeu de rôle, propose de s’immerger dans la situation concrète d’une problématique de conservation de la nature où celle-ci offre de nombreux services écosystémiques.
Les participant·es devront défendre le point de vue de groupes particuliers de personnes lors d’un débat, quitte à parfois défendre un point de vue complètement opposé au leur. Cela permet de se décentrer à de s’ouvrir à la complexité des situations environnementales.
Une activité ludique et politique, qui peut être menée avec divers groupes (jeunes dès 16 ans, groupe de citoyen·nes, animateur·ices en formation, etc.) pour inviter à défendre une opinion et à prendre position sur des questions de biodiversité.
éd. Bruxelles Environnement, 2017.
Cet outil pédagogique permet de comprendre notre dépendance à notre environnement et de réfléchir à la manière dont nous exploitons celui-ci pour notre survie et notre bien-être.
Grâce à ce jeu de rôle, les participant·es visualisent graduellement les liens entre leurs besoins et les ressources naturelles. Des notions indispensables à la compréhension du monde actuel sont abordées telles que : nos besoins, les ressources naturelles et l'exploitation de celles-ci, la biodiversité, la compétition, la coopération et la protection de l'environnement. De manière ludique, ils et elles s'approprient ces notions et se positionnent en tant qu'acteurs d'un monde où plusieurs civilisations cohabitent.
éd. La Banque des Territoires, 2023.
Cet outil méthodologique permet de travailler collectivement à des projets locaux en faveur de la biodiversité ou des projets de territoires en portant une attention particulière à la prise en compte de la biodiversité dans les débats. Cet outil aide les collectivités locales, communes, associations et entreprises à nourrir et à étoffer un projet local soucieux de la biodiversité.
Il s’agit d’un support de travail collectif, pensé pour permettre à plusieurs acteurs d’un territoire de discuter ensemble sur un projet ou une vision du territoire. Pour accompagner le travail collectif, différents supports complémentaires (jeux de cartes) viennent alimenter le travail du groupe.
éd. La Bêta-Pi et le CPIE de Gâtine Poitevine, 2016.
Dans ce jeu de société pour 3 à 4 joueurs, vous incarnez un personnage, le temps d’une courte partie (10-15 min.) : arachnophobe, jardinier·e ou éco-guerrier·e… Il va falloir penser collectif pour atteindre l’objectif commun. Mais réussirez-vous, en parallèle, à atteindre vos objectifs personnels ? Réussirez-vous à maintenir une bonne biodiversité sur votre territoire avant la fin de la partie ? Pas si facile quand tout le monde n’a pas le même degré d’acceptation des espèces sur son lieu de vie.
Une bonne manière d’apprendre à négocier et à « faire de la politique » autour de la thématique de la biodiversité.
Il vous est aussi possible de développer ce jeu comme bon vous semble en ajoutant des personnages, des événements… Laissez parler votre créativité !
éd. Maison de l’environnement, 2023.
Ce Défi est un beau moyen pour impliquer les acteurs locaux dans la préservation de la nature. Son but : accompagner des citoyen·nes qui souhaitent mettre en place des gestes favorables au développement et à la préservation de la biodiversité dans leur quotidien, de manière ludique, en relevant des défis. Le Défi Biodiversité rassemble un groupe d’une vingtaine de personnes motivées par la thématique et se déroule sur une période de 8 à 12 mois, à raison d’une activité par mois. Parallèlement à ces activités collectives, les participant·es sont également invité·es à s’engager individuellement, à travers la mise en place d’actions concrètes en faveur de la biodiversité à la maison, ou dans les espaces partagés.
Le kit se compose de 12 fiches méthodologiques destinées à aider les organisateurs à préparer, mettre en œuvre et évaluer leur Défi Biodiversité.
L’approche du Défi a l’avantage d’induire une dynamique participative, positive et stimulante, capable d’inciter une « mise en mouvement » collective.
ONU, 2022.
Dans un contexte marqué par le déclin dangereux de la nature, qui menace la survie d’un million d’espèces et perturbe le quotidien de plusieurs milliards de personnes, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal vise à stopper et inverser la perte de nature. Ce cadre comporte plusieurs cibles mondiales à atteindre à l’horizon 2030 et au-delà en vue de la protection et de l’utilisation durable de la biodiversité.
Commission européenne, 2020.
La stratégie européenne en faveur de la nature se donne pour mission de mettre la biodiversité sur la voie de la restauration d'ici 2030. Elle a notamment pour objectifs de protéger 30% des terres et des mers et d'établir un réseau écologique transeuropéen de la nature incluant des corridors écologiques.
éd. Région wallonne, 2018.
Cette stratégie élaborée par le Gouvernement wallon fixe des objectifs pour la législature et plus globalement pour la décennie 2020-2030. Elle associera tous les acteurs wallons à sa mise en œuvre, au niveau régional comme local, dans les différentes activités humaines. En outre, les politiques wallonnes s'inscriront dans le cadre de la stratégie nationale de biodiversité à l'horizon 2020, qui doit être revue et renforcée en fixant des objectifs pour 2030.
article du magazine Symbioses n°118, éd. Réseau IDée, pp.6-7, 2018.
L’écocitoyenneté, kesako ? Comment faire rimer réflexion et action, critique et éthique, domestique et politique ? Interview de Nayla Naoufal, professeure associée au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté, à l’Université du Québec à Montréal, et chercheuse postdoctorale à l'Université d'Oslo.
article du magazine Symbioses n°118, éd. Réseau IDée, pp.12-13, 2018.
De l’éco-geste à l’engagement collectif, voire l’action sur le politique. Focus sur trois initiatives de participation citoyenne, pour et par les jeunes, pour et par l’environnement.
Commission européenne, 2020.
La stratégie européenne en faveur de la nature se donne pour mission de mettre la biodiversité sur la voie de la restauration d'ici 2030. Elle a notamment pour objectifs de protéger 30% des terres et des mers et d'établir un réseau écologique transeuropéen de la nature incluant des corridors écologiques.
produit par We are nature.brussels asbl, 2023.
Au travers d’une courte vidéo, l’association souhaite sensibiliser les citoyen·nes à la préservation des espaces verts à Bruxelles. We Are Nature.Brussels lance par ailleurs une action en justice pour mettre le gouvernement régional devant ses responsabilités.
Vous pouvez également signer la pétition sur leur site internet.
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